[Best of 2024] Revivifié par un Brat Summer aux effets euphorisants, le genre présumé moribond a quitté les niches underground et s’est imposé comme un véritable phénomène grand public.
Octobre 2012. Alexandrer Guy Cook, 22 ans, étudie à Goldsmiths, une université londonienne où il retrouve son ami d’enfance Danny L Harle, avec qui il fonde deux groupes (Dux Content et Dux Kidz), prétextes à différents types d’expérimentations un peu étranges. Âgée de 26 ans à l’époque, Sophie fait aussi partie d’un groupe (Motherland) et vient tout juste de s’installer au cœur de la capitale londonienne dans l’idée de “sculpter le son”. Fascinés par les demos que cette dernière publie sur SoundCloud, A. G. Cook et Danny L Harle souhaitent la rencontrer.
Très vite, les deux compères tombent sous le charme de cette artiste capable de parler avec intelligence d’une pop grand public, longtemps méprisée par la critique – celle de Britney Spears, par exemple –, et posent ce jour-là les prémices de PC Music, ce label qui, au mitan des années 2010, œuvrera dans les tréfonds du web à l’édification d’une scène libérée des contraintes, des identités de genre et de toute catégorie esthétique jugée trop rigide.
Brat d’honneur
La pop redevient subitement une musique attirée par les marges, l’incarnation du cool, tandis que partout dans le monde se mettent à éclore des héritier·ères de Sophie, A. G. Cook ou Danny L Harle, quand bien même le seul rapport entretenu avec ces artistes pionnier·ères se résume à un son diffracté, un goût pour l’outrance et les voix ultra-pitchées, ainsi qu’un style vestimentaire faussement kitsch. Apparaissant sous forme d’avatar ou au détour de...