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Devant l’usine de Confolens, on retrouvait un petit groupe d’intérimaires « sous le choc » ce jeudi soir. Plusieurs titulaires n’ont également pas souhaité s’exprimer, « écœurés par la situation ». Toute la journée, l’ambiance a été lourde dans l’entreprise suite à cette annonce.
À Confolens, le site était spécialisé dans l’activité de production de la gamme d’appareillage Plexo (des prises électriques). Elle sera transférée sur le site de Limoges. Joint par Charente Libre, le directeur général France de Legrand, Morgan Malecotte, indique que ce plan résulte du ralentissement des activités de rénovation, construction de logements neufs ou de bureaux dans le tertiaire. « Cela a un impact sur nos volumes de production. » Comprendre, un carnet de commandes en baisse.
Moins de volumes de production
« De plus, le coût des matières premières a augmenté et on a un fort besoin d’investissement dans la recherche et développement. Nous avons donc proposé aux partenaires sociaux une simplification pour faire émerger des centres d’excellence avec des tailles critiques suffisantes. »
Avec ses 55 salariés, contre 130 il y a dix ans, Confolens ne faisait pas partie des plus gros sites du groupe. S’agissant des salariés, Morgan Malecotte indique que « Legrand s’engage à proposer des solutions de reclassement sur les sites du groupe. » Les salariés de Confolens seront orientés en priorité vers l’usine basée à Magré au sud de Limoges distante d’une soixantaine de kilomètres, soit 50 minutes de trajet.
Morgan Malecotte évoque aussi le site de Chabanais, qui lui ne fermera pas. Ici, il reste une cinquantaine de salariés en CDI et une vingtaine d’intérimaires. « Dans les deux ans, il y aura des départs en retraite et on proposera en priorité aux personnels de Confolens. On est confiants sur le fait qu’on pourra proposer des choses. »
À partir du 23 juin, une procédure d’information-consultation des instances représentatives du personnel débutera. « On travaillera avec les partenaires sociaux », promet Morgan Malecoote. Côté CGT, justement, le délégué syndical Olivier Then estime que l’entreprise a basculé « dans un autre monde. Pour la première fois, il y a un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). »
Il déplore des conséquences dramatiques pour le tissu local confolentais. « Un emploi dans la métallurgie fait vivre deux ou trois emplois supplémentaires. Donc à Confolens, ce sont 150 citoyens qui risquent de perdre leur travail. 55 salariés en moins, cela signifie moins de pain vendu, moins d’enfants à l’école, moins de personnes dans les restaurants… Et demain, les chauffeurs de Legrand ne s’arrêteront plus à Confolens. Pour des petites villes, cela a un gros impact. »