Depuis la mi-mai 2026, la République démocratique du Congo fait face à une nouvelle flambée d’Ebola dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Cette épidémie, liée à la souche Bundibugyo, s’accompagne d’une vague de désinformation, dont l’affirmation faisant l’objet de notre vérification.
Citation :
« EBOLA – FATSHI: LE PROFESSEUR KASAÏEN @MUYEMBE RENAÎT DE SES INCONGRUITÉS MÉDICALES ET S’APPROPRIE TSHISEKEDIQUEMENT LE SUIVI DE L’ÉPIDÉMIE. FÉLIX TSHISEKEDI LUI A PROMIS D’IMPORTANTES SOMMES D’ARGENT S’IL PARVENAIT À INFILTRER TOUTES LES STRUCTURES MÉDICALES DU TERRITOIRE LIBÉRÉ PAR L’AFC-M23 POUR Y POSER DES BOMBES ET DES ENGINS MORTELS. CETTE ÉPIDÉMIE EST UNE INVENTION DE FÉLIX TSHISEKEDI POUR TENTER DE PUNIR MORTELLEMENT LES POPULATIONS CONGOLAISES RESSORTISSANTES DES PROVINCES DE L’EST. »
Les faits :
première observation faite qui a tout de suite attiré notre attention : l’auteur du message n’apporte aucune preuve tangible notamment des documents, témoignages audio ou vidéos pouvant étayer cette prétendue “invention” d’Ebola. L’absence d’éléments vérifiables a renforcé nos doutes quant à la crédibilité de ces affirmations.
Et pour vérifier cette information, nous avons recoupé plusieurs sources fiables. Des médias tels que France 24, Actualité.cd,Radio okapi et BBC confirment que la souche Bundibugyo du virus Ebola est à l’origine de cette nouvelle épidémie. Ces sources documentent également les actions menées par les autorités congolaises et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour contenir la maladie.
Lors d’un briefing de presse animé conjointement par le ministre de la Communication et le ministre de la santé le19 mai 2026, le professeur Jean-Jacques Muyembe, virologue et directeur de l’Institut National de Recherche Biomédicale(INRB), a identifié la souche responsable comme étant Bundibugyo, une variante génétiquement distincte des précédentes flambées d’Ebola.
Selon l’OMS, certaines espèces animales, notamment les chauves-souris, constituent le réservoir naturel du virus. Aucun élément scientifique ne permet donc de soutenir la thèse d’une invention humaine.
Pourquoi ces rumeurs sont-elles dangereuses ?
Lors des précédentes épidémies d’Ebola dans l’Est de la RDC, l’OMS et plusieurs chercheurs ont documenté la circulation de rumeurs accusant certaines autorités ou communautés “d’inventer” la maladie. Ces récits ont parfois entraîné des attaques contre des centres de traitement, des violences visant les agents de santé, des refus de soins et de vaccination, ainsi qu’une aggravation de la méfiance communautaire.
Contacté par Balobaki Check le 21 mai 2026, le Dr Dénon Tshienda, expert en santé publique, met en garde contre les discours niant l’existence d’Ebola ou présentant la maladie comme une invention politique.
« C’est un faux bruit et un véritable piège. Les conséquences peuvent être énormes, car les communautés risquent de devenir réticentes à s’engager dans la lutte contre la maladie. Cela pourrait favoriser la propagation continue du virus et entraîner davantage de décès », explique-t-il.
Le médecin rappelle que la souche Bundibugyo actuellement signalée suscite de fortes inquiétudes, notamment en raison de l’absence de vaccin et de traitement spécifique.
« Refuser de respecter les mesures barrières sous prétexte que le virus serait inventé à des fins politiques est extrêmement dangereux. Cela peut conduire plusieurs personnes à la mort », avertit-il.
Un appel à la responsabilité individuelle
« Si un père de famille meurt, aucun politicien ne viendra prendre sa famille en charge. Il faut donc faire très attention. Chacun doit se protéger, quelle que soit son interprétation de la situation. Une chose est certaine : la maladie est réelle et elle tue beaucoup. Le taux de létalité peut atteindre près de 50 %, soit un malade sur deux », souligne le Dr Dénon Tshienda .
Un autre expert de santé contacté par Balobaki Check, Serge Cikuru, médecin-chef de la zone de santé de Miti, appelle également la population au strict respect des mesures barrières : lavage régulier des mains, interdiction de manipuler les cadavres ou les animaux retrouvés morts, limitation des poignées de main et évitement de l’automédication.
En conclusion, aucune preuve ne permet d’affirmer que l’épidémie d’Ebola dans l’Est de la RDC serait une invention politique ciblant les populations locales. L’affirmation selon laquelle « EBOLA – FATSHI: LE PROFESSEUR KASAÏEN @MUYEMBE RENAÎT DE SES INCONGRUITÉS MÉDICALES ET S’APPROPRIE TSHISEKEDIQUEMENT LE SUIVI DE L’ÉPIDÉMIE. FÉLIX TSHISEKEDI LUI A PROMIS D’IMPORTANTES SOMMES D’ARGENT S’IL PARVENAIT À INFILTRER TOUTES LES STRUCTURES MÉDICALES DU TERRITOIRE LIBÉRÉ PAR L’AFC-M23 POUR Y POSER DES BOMBES ET DES ENGINS MORTELS. CETTE ÉPIDÉMIE EST UNE INVENTION DE FÉLIX TSHISEKEDI POUR TENTER DE PUNIR MORTELLEMENT LES POPULATIONS CONGOLAISES RESSORTISSANTES DES PROVINCES DE L’EST», n’est pas prouvé et regorge un discours de haine à caractère tribal. Dans un contexte déjà fragilisé par les conflits armés, ces accusations non fondées alimentent surtout la peur, la méfiance et compliquent davantage la riposte sanitaire.
Écrit par Richars Miviri, relecture: Dinho Kazadi
Nos sources-Vous aussi, vous pouvez vérifier comme nous :
- Lien de la citation qui fait l’objet de notre recherche – il est archivé
- Lien menant vers la constitution de la RDC afin de vérifier l’article 66
- Lien vers le site de l’OMS sur l’origine de la maladie
- Lien vers l’un des points de presse d’urgence avec les ministres de la Communication, de la Santé et le Docteur Muyembe
- Lien d’un article d’une presse en ligne qui revient sur la conférence de presse
- Entretien avec le Dr Dénon Tshienda, expert en santé publique, réalisé 21 mai 2026 par Balobaki Check
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