Suite à la mobilisation lycéenne contre le racisme au lycée Jean Renoir lundi 18 mai 2026, vous trouverez sur cette page :
- Le lien vers le communiqué des élèves mobilisé·es : https://www.instagram.com/p/DYiG0bfEWoU/?igsh=YnU1NXJweDNidGV6&img_index=5
- Le communiqué de la section SUD du lycée Jean Renoir
- le communiqué de soutien de l'intersyndicale du lycée Utrillo de Stains.
communiqué de la section SUD du lycée Jean Renoir
18 mai 2026
Nous entendons les élèves, la colère ressentie devant la multiplication des témoignages recueillis faisant état d'expériences de racisme, et le sentiment que des alarmes antérieures auraient dû être entendues. Nous sommes profondément désolés, tant pour les violences subies que pour l'indifférence qui les a recouvertes. Nous comprenons leur mobilisation et la volonté d’interpeler les adultes aussi bien que leurs camarades afin que l’ensemble de la communauté se saisisse de cette question, et se montre à la hauteur de ses enjeux.
Le fait que des personnels aient été nommément affichés sur les réseaux sociaux a suscité de vives inquiétudes. Cependant le débat des formes de la contestation ne saurait balayer la nécessité de parler du fond, de réfléchir et d’agir collectivement contre le racisme systémique dont il serait illusoire de penser que notre lycée est exempt.
Le racisme n’est pas un simple phénomène individuel perpétré par des personnes malveillantes, il est structurel dans notre société :
- Dans son rapport pour l’année 2026, Amnesty International dénonce qu’en France, “les propos islamophobes au plus haut sommet de l’État se banalisent et avec eux, des lois discriminatoires”.
- La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) dans son évaluation du grand “Plan National de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine” fait état d’un “bilan très décevant” et d’une “défaillance incompréhensible” des ministères, parmi lesquels celui de l’Education Nationale (mars 2026).
- Dans son rapport “Jeunesses et Discriminations fondées sur l’origine” (février 2026), la Défenseure des droits rappelle que “les jeunes immigrés, descendants d'immigrés ou originaires des outre-mer, sont exposés à des discriminations fondées sur l'origine dans tous les domaines de la vie sociale” et notamment à l'école où un phénomène de ségrégation scolaire “contribue à produire et à renforcer les discriminations”.
La Défenseure des droits déplore le “déni persistant de l’institution scolaire”. Nous le déplorons avec elle, et souhaitons vivement affirmer aux élèves, à leurs parents, aussi bien qu’à tous les personnels, notre solidarité, notre engagement et notre volonté de faire mieux, pour que la cité scolaire Jean Renoir puisse être le terreau d’une résistance collective à toutes les discriminations, plutôt que l’espace de ses reproductions.
communiqué de soutien aux élèves et personnels du lycée jean Renoir de BOndy, par l'intersyndicale du lycée Utrillo de Stains
Nous saluons le courage et la mobilisation des élèves et des personnels du lycée Jean Renoir de Bondy. Aucune violence et aucune discrimination ne sont tolérables à l'école. Nous leur apportons notre soutien. Vos voix comptent.
Au lycée Maurice Utrillo de Stains, malgré les pressions, nous continuons aussi à dénoncer des propos racistes et sexistes. Dans les témoignages transmis à la hiérarchie depuis des années, et rassemblés dans un dossier remis en décembre 2024 par voie hiérarchique, puis complété en novembre 2025, toujours par voie hiérarchique, on peut lire des interpellations racistes proférées par un personnel telles que : « Bande de couscous », « l'indienne », « Les hindous vous dansez comme ça », « tu n'as pas besoin de bronzer » à une élève noire, ou encore entendre des imitations d'accents « africains » ou « chinois ». On peut également lire des remarques LGBTQIAphobes, comme « II court comme un PD », « Mon petit garçon » à une élève trans ou sexistes « tu as tout ce qu'il faut où il faut »… La liste pourrait hélas continuer longtemps.
Les élèves, ayant le courage de témoigner, doivent ensuite faire face aux pressions : chantage à la note, menaces de représailles, pressions par téléphone ou en personne…
Malgré cette quarantaine de témoignages signés, nos courriers, nos alertes et même notre signalement au procureur de la République, donnant lieu à l'ouverture d'une enquête en novembre 2025, aucune mesure n'a été prise pour protéger nos élèves. Pire, une enquête administrative a été ouverte en avril 2026, et tout semble indiquer qu'elle vise les personnels ayant donné l'alerte et non le personnel accusé de violences.
L'absence de réaction de l'académie de Créteil met en danger les élèves et la communauté éducative toute entière. Il est temps pour notre institution de prendre ses responsabilités et de protéger nos élèves, dans le 93 comme ailleurs !
Refusons le silence !
Les personnels mobilisés des sections locales.