Quand Baptiste Serin, de Parentis-en-Born, se rend au Pyla-sur-Mer, c'est toujours une fête : «C'est un des plus beaux endroits au monde, ici. Pour nous, venir au Pyla, c'était la sortie de l'année, même si notre spot, c'était plutôt Biscarrosse-Plage.» Pour recevoir l'enfant du pays, William Téchoueyres, ancien ailier de Bègles, champion de France en 1991, nous attendait dans son hôtel, «Ha(a)ïtza», avec son épagneul de 9 mois, offert par Vincent Moscato et Bernard Laporte. Un peu déçu que son cadet n'ose pas le tutoyer, Téchoueyres nous propose de mener l'entretien dans la grande salle de réception, sous un masque africain. Puis on a migré vers le salon de thé pour plus de quiétude, dans les odeurs de cannelé et de tarte au citron. Tout au long de l'après-midi qu'il nous a consacré, le demi de mêlée s'est montré affable, coopératif. Un gars gentil. Vraiment. Sur la dune du Pilat, la plus haute d'Europe (110 m), il s'est élancé trente, quarante fois pour que notre photographe tienne sa photo de passe plongée. Son seul desiderata ? «Pas de chistera, s'il vous plaît. On va encore me le reprocher.» Accordé !
Baptiste, cette question va peut-être vous paraître bizarre, mais parlez-vous italien ?
Pas vraiment. Pourquoi ?
On se dit que, si vous aviez opté pour l'équipe d'Italie de rugby, la vie aurait été plus pratique...
(Large sourire.) Ah oui, c'est juste. J'aurais pu prendre en effet la double nationalité et jouer pour l'Italie. Car on est italiens du côté de ma mère. Je me serais probablement penché sur cette opportunité si ça n'avait pas marché en équipe de France.
C'est votre grand-père franco-italien qui vous a transmis la passion du rugby ?
Oui. Quand j'étais tout petit, un jour, il est revenu du travail avec des liteaux de bois, parce qu'il était charpentier, et il a aménagé des poteaux de rugby en miniature dans le jardin de mes parents. Il me dit : «Voilà. C'est pour toi. Entraîne-toi à taper. Et des deux pieds.» C'est aussi lui qui m'a appris à faire des passes.
On était très rugby chez les Serin ?
Mon grand-père paternel a joué à Ychoux (Landes), l'autre grand-père à Sainte-Eulalie (Landes), un oncle à Salles (Gironde), un autre à Parentis.
Et puis, il y a votre papa, Philippe. A-t-il été votre premier héros de rugby ?
Il a fait sa carrière de troisième-ligne à Dax, mais surtout à Mimizan (Landes). À l'âge de 6 ans, j'attendais les week-ends avec impatience. Nous, les petits, on avait nos tournois le samedi, et le dimanche j'allais voir jouer mon père. Je me mettais dans l'en-but avec mon ballon. À la fin du match, je prenais ma douche avec lui et les autres joueurs.
Aujourd'hui, le héros chez les Serin, c'est vous. On vous a vu en haut des affiches du dernier Tournoi des Six Nations, vous représentez Adidas pour sa nouvelle campagne de publicité internationale. Vous faites plus de connexions que votre capitaine Guilhem Guirado lors des live tchats de l'équipe de France. Vous sentez cet engouement autour de vous ?
(Il se tortille sur la banquette.) Oui, je sens quelque chose. Enfin, je ne sais pas... Je ne me considère pas arrivé, loin de là. Je commence à me faire un tout petit nom.
Un nom sur lequel l'équipe de France se repose de plus en plus. Ce n'est pas trop lourd à porter, ce statut de nouvelle pépite du rugby français ?
Je joue à un poste où on est très scruté. En 2016, j'ai fait deux bons matches en Argentine (1), et c'est parti en flèche. L'attente des médias, des supporters, ce n'est pas moi qui l'ai forcément voulue.
Baptiste Serin : «N'oubliez pas que je suis encore tout jeune»
A 22 ans, le demi de mêlée bordelais doit ranimer la flamme du quinze de France lors de ses trois test-matches face à l'Afrique du Sud jusqu'au 24 juin. Une grosse pression qui ne trouble pas plus que ça le jeune Landais. Avant de défier la montagne springbok, il a pris de la hauteur sur la dune du Pilat.
Le demi de mêlée de l'UBB, Baptiste Serin. Photo Roberto Frankenberg
Baptiste Serin : «N'oubliez pas que je suis encore tout jeune»
A 22 ans, le demi de mêlée bordelais doit ranimer la flamme du quinze de France lors de ses trois test-matches face à l'Afrique du Sud jusqu'au 24 juin. Une grosse pression qui ne trouble pas plus que ça le jeune Landais. Avant de défier la montagne springbok, il a pris de la hauteur sur la dune du Pilat.
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