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« Le Juif arabe » : Asaf Hanuka se réenracine

Le nouvel album du bédéiste raconte sa double quête, familiale et personnelle, pour reprendre pied en Israël après une longue absence. Sensible et grave

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Publié le 02 juillet 2023 à 15h00, modifié le 02 juillet 2023 à 15h50

Temps de Lecture 2 min.

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L’arrière-grand-père d’Asaf Hanuka sur les routes de Palestine, dans les années 1930. Extrait du « Juif arabe ». 

« Le Juif arabe », d’Asaf Hanuka, traduit de l’hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech, Steinkis, 96 p., 20 €, numérique 10 €.

Rompu, dans ses albums, à ­confronter ses propres névroses à celles de son pays, l’Israélien Asaf Hanuka étoffe son registre avec Le Juif arabe, évocation d’un drame familial nimbé de mystère : le meurtre d’un arrière-grand-père à Tibériade, dans les années 1930. L’enquête personnelle dont il fait ici le récit va au-delà de la ­simple évocation des faits pour plonger dans l’histoire des relations judéo-arabes avant la création de l’Etat d’Israël en 1948. L’auteur questionne au passage sa propre identité de Juif et d’Arabe, dans un Etat où cette double appartenance n’est pas toujours facile à vivre. Mêlant les temporalités avec aisance, jouant astucieusement de sa palette de couleurs, il offre à lire un ouvrage sensible et grave, aux airs de manifeste pacifiste en ces temps de regain de violences en Cisjordanie occupée.

L’arrière-grand-père, donc : un Juif arabe originaire du Kurdistan. Abraham Eliyahou avait recueilli un jeune Arabe orphelin qui vivait dans la rue afin de l’aider dans son activité de marchand de tissus. Il l’avait appelé Ben-Tsion (« fils de Sion ») et l’avait élevé comme un fils, aux côtés de ses propres enfants. L’idée que le garçon puisse avoir tué son protecteur durant la révolte arabe des années 1936-1939, à l’époque du mandat britannique en Palestine, a traversé les générations, mais sans que la lumière ait jamais été faite sur cet événement vieux de près d’un siècle.

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