En résumé
Tous les mois, les enfants confiés de l’association Enfance Bourdault, à Vesoul (Haute-Saône), peuvent faire remonter leurs carnets de doléances à la direction. En ce jour pluvieux de septembre, les délégués, âgés de 8 à 14 ans, prennent tour à tour la parole. « Je voudrais une piscine, un hamac et une tyrolienne », lance le plus jeune d’entre eux. Autour d’eux, les éducateurs prennent note mais esquissent un sourire. « C’est pas un parc d’accrobranche, Bourdault ! », rétorque Chantal Navarro, la directrice de l’établissement, qui ironise pour adoucir la vérité : « Vous savez qu’on a un petit budget, on ne peut pas tout acheter. »
Pour s’occuper des 77 enfants suivis, Chantal Navarro dispose d’une enveloppe annuelle de 5,9 millions d’euros. Une partie est consacrée à l’emploi de deux psychologues à mi-temps, mais l’une des thérapeutes a quitté son poste. « Je dois retrouver quelqu’un vite, mais c’est compliqué dans un territoire rural comme le nôtre », explique-t-elle aux Jours. Pourtant, les enfants confiés à Enfance Bourdault ont un besoin urgent de suivi psychologique (lire l’épisode 1, « Tous les kids, les SOS »).
C’est le cas de Pierre1, qui a rejoint le foyer depuis un mois. Durant la réunion à laquelle nous avons pu assister, il fait une confidence, une petite phrase anodine, lancée comme un appel à l’aide. « Les autres me donnent des coups de pied et ils essayent tout le temps de me taper le ventre », souffle-t-il.