En résumé
À l’automne 1945, le tout nouveau président Harry Truman qui, en six mois à peine après avoir succédé à Franklin Roosevelt, a dû négocier le sort du monde avec Joseph Staline et a décidé d’utiliser l’arme nucléaire sur le Japon, reçoit de son natal Missouri un cadeau de son ami Fred Canfil. Celui-ci lui a fait fabriquer une plaque en bois de noyer sous verre sur laquelle est inscrite la phrase « The buck stops here ». Se référant à un terme de poker, elle signifie « la défausse s’arrête ici ». Truman en fait illico la devise de sa présidence, posant le présentoir sur son bureau à la Maison-Blanche et ne manquant jamais une occasion de rappeler, y compris dans son discours d’adieu du 20 janvier 1953 : « Un président quel qu’il soit doit décider. Il ne peut se défausser sur personne. Personne ne peut décider à sa place. C’est son job. » En observant la situation en Iran depuis un mois, il est permis de douter que Donald Trump ait exactement la même conception de la présidence que son illustre prédécesseur.
Il a certes bien décidé seul de lancer une offensive militaire contre le régime théocratique dictatorial de l’Iran le 28 février et s’est enorgueilli d’un cessez-le-feu conclu ce 8 avril comme « une victoire américaine complète et totale ». Mais à y regarder de plus près, la présidence des États-Unis semble avoir parfois joué un rôle davantage suiveur que moteur dans cette crise internationale.