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Chronique

Trump ou l'échec des solutions magiques pour changer le monde

En économie comme en politique étrangère, il faut de la patience et de l'humilité, pas de la magie. En se heurtant au mur des réalités, Trump est en train d'en faire la démonstration à l'envers, explique notre éditorialiste Eric Le Boucher.

Trump bute sur les droits de douane comme sur la résistance des Mollahs, il s'enlise dans la complexité du monde, des nations et des êtres.
Trump bute sur les droits de douane comme sur la résistance des Mollahs, il s'enlise dans la complexité du monde, des nations et des êtres. (Photo Kylie Cooper/Reuters)

Par Eric Le Boucher (éditorialiste aux « Echos »)

Publié le 13 mars 2026 à 07:15

Avouez que cela pourrait séduire. Supposez qu'un Friedrich Trump soit élu chancelier à Berlin, ou plutôt réélu. Il revient armé d'un constat sans appel : l'Allemagne a perdu ses amis américains, russes et chinois, sa vision « commerciale » pacifique est obsolète, elle s'enfonce dans la stagnation et l'Europe la suit dans l'impuissance. Il est urgent de tout changer MAINTENANT. L'ordolibéralisme germanique, les institutions européennes paralysantes, la timidité géostratégique de l'Union et, not the least, la non-intervention chez le voisin. Friedrich Trump dirait haut et fort que la France dépense beaucoup trop, qu'elle doit repousser la retraite à 67 ans, que l'Irlande, le Luxembourg et Chypre doivent cesser d'être des paradis fiscaux, que l'Italie bénéficie de trop d'aides et qu'Orban, le Hongrois, doit filer doux. L'Allemagne, seul pays membre fondateur, déterminé et riche, prendrait les rênes pour faire le bien de tous : construire « l'Europe puissance » en deux ans.

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