L’évolution choisit la simplicité
Dans le monde vivant, les structures simples sont plus fréquemment observées que les structures plus complexes comportant les mêmes éléments. La théorie mathématique de la complexité explique pourquoi.
Nous avons hérité des systèmes neurocognitifs de nos ancêtres façonnés par des millions d’années d’évolution. Sont-ils adaptés à nos vies modernes ? Pas sûr…
Article réservé aux abonnés numériquesPourquoi a-t-on la chair de poule quand il fait froid ? Pourquoi des callosités se forment-elles sur la peau dans certaines situations ? Ces réactions corporelles ne surviennent pas au hasard. Elles résultent de mécanismes biologiques spécialisés, façonnés par l’évolution pour répondre à des contraintes précises, qui ne s’activent que dans des conditions bien déterminées. De façon comparable, préférences, choix, jugements ou comportements sociaux reposent sur des mécanismes psychologiques affinés au cours de l’histoire évolutive. Et Charles Darwin l’avait pressenti dès 1859 : « Dans un futur lointain, je vois une porte ouverte pour des recherches bien plus importantes. La psychologie sera fondée sur un nouveau principe, celui de l’acquisition nécessairement graduelle de chaque fonction ou capacité mentale. »
La contraction des muscles horripilateurs, à la base de chaque poil, se déclenche automatiquement en réponse au froid ou à une émotion intense. Ce mécanisme présentait autrefois un double avantage. Il contribuait à la thermorégulation en redressant les poils pour emprisonner une couche d’air chaud, et renforçait l’intimidation en donnant à l’animal une apparence plus volumineuse. Chez l’humain, il n’a plus de fonction pratique, mais subsiste comme un vestige adaptatif qui peut parfois être réactivé dans des contextes émotionnels sans lien avec sa fonction initiale, par exemple lors d’un frisson musical.
Quant aux callosités, le mécanisme responsable de l’épaississement localisé de la peau demeure pleinement opérant, mais son activation dépend des conditions de vie. Il peut être atténué, inhibé, voire ne jamais se manifester.
N. Elimari et al., The neuroscience of error management theory and moral blame, 2025.
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Dans le monde vivant, les structures simples sont plus fréquemment observées que les structures plus complexes comportant les mêmes éléments. La théorie mathématique de la complexité explique pourquoi.
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