On les utilise pour marcher, danser, courir… Elles sont notre point de contact entre le corps et le sol, et nous distinguent en tant qu’être humain de l’animal : les chaussures ne sont jamais vraiment innocentes. À nous de décider si nous les laissons sur le pas de la porte ou si nous les gardons aux pieds, mais sans oublier qu’elles ne sont jamais un accessoire neutre.

Les chaussures sont un signe extérieur de richesse, elles marquent la transition entre différents états et en disent long sur notre relation avec le monde. Le débat sur le port des chaussures à la maison – qui fait rage dans la presse anglo-saxonne – est étonnamment tranché. D’un côté, ses partisans drapés dans de grands arguments moralisateurs ; de l’autre, ses opposants indignés. Tous débattent avec passion de la limite entre l’intérieur et l’extérieur, de ce qui relève du public et du privé, du contrôle et du lâcher-prise.

Entrer dans une maison pieds nus ou en chaussettes n’est pas seulement une question d’hygiène : c’est aussi un geste symbolique, c’est accepter de se dépouiller provisoirement d’une partie de son identité, ce qui peut en déstabiliser plus d’un. Par ailleurs, depuis la pandémie, nous sommes devenus très vigilants sur ce que nous laissons entrer dans nos maisons, notre sens de l’hospitalité s’