La vie de reporter est ainsi faite qu’un jour d’hiver, pour une interview, on s’est retrouvé en Gironde, les fesses sur un banc public dans le petit parc municipal d’une ville-dortoir à la pelouse jonchée de cartouches de gaz hilarant, à recueillir la confession d’un humoriste angoissé comme un repenti de la mafia sous couverture, le regard perdu sur un homme en plein tai-chi, éventail à la main, au milieu des nounous et de leurs poussettes.
Tout avait pourtant commencé à Paris, du côté de la place de la République, dans les locaux de Revue21. Dans l’évier à côté de la machine à café, une tasse sale. Plus qu’une tasse, d’ailleurs : un « mug assertif ». Un de ces doudous en céramique indispensables à la vie d’entreprise, qu’il s’agisse d’un souvenir de voyage ou d’un récipient au slogan ironique. Ce mug-là, barré par le cri de guerre en lettres capitales « J’AI PRIS LE LEAD », on le reconnaît tout de suite. C’est une tasse reprenant une punchline...