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Il est peut-être encore temps de
sauver cette chèvre. Mais qui se
lancera à son secours ? (*)
Sauvetage :
La Chèvre Roya Vésubie
C'est Mr Laurent AVON qui nous parle de cette
chèvre méconnue ou plutôt oubliée.
La race caprine "Roya Vésubie":
Cette race a été mise en évidence par un article signé
Frédérique EHRARD, paru en 1984 dans la revue ‘’La
Chèvre’’ (N°152, pages 18-19). A l’époque, le Parc
National du Mercantour s’y était, semble-t-il, intéressé.
Nous citons cet article. ‘’Un inventaire vient d’être
fait sur les animaux de la Roya, des marqueurs visuels (?)
et des groupes sanguins, pour déterminer
les noyaux existants et leur éventuelle filia- tion. Des recherches pourraient être entre- prises dans d’autres vallées et vers l’Italie,
pour préciser l’origine et l’extension de
cette race ainsi que ses caractéristiques’’.
Puis la journaliste cite les propos d’un
agent pastoral du Parc. ‘’Petits effectifs,
problèmes de consanguinité : difficile d’en- visager un avenir pour cette chèvre. Il est
toujours possible de préserver ce troupeau,
de l’accroître éventuellement en achetant
quelques animaux ailleurs. Mais après ?’’.
Après, il semble bien que rien n’ait
été fait, car le seul éleveur repéré à l’épo- que, Pierre BALMA, de Tende, dans la
Vallée de La Roya tout prés de l’Italie, qui
possédait encore une soixantaine de chèvres
pures, n’a pas tardé à prendre sa retraite et
personne n’a songé à sauver son troupeau. Il est vrai que
les propos de l’agent du Parc ne laissaient augurer rien de
bon...
Rencontre avec Pierre BALMA :
J’ai rencontré personnellement Pierre BALMA en
1993, alors que je tentais de me faire une idée de la
situation de la race ovine Brigasque. Il s’était retiré dans sa
petite maison de Tende et m’a parlé avec nostalgie de son
troupeau de chèvres, avec lequel il passait l’été dans la
Vallée des Merveilles, mais aussi avec un certain regret et
dépit de ne pas avoir pu sauver son troupeau.
C’était effectivement le dernier troupeau de la race
dans la Vallée de La Roya.
En 1881, rapporte Frédérique EHRARD, il y avait
3400 caprins dans la Vallée. J’eus confirmation de la
disparition de cette chèvre en rendant visite aux éleveurs de
brebis Brigasque, chez qui je ne pus trouver que quelques
chèvres croisées d’Alpin ou de Rove.
Rencontre avec Baptistin LIOGER :
Pensant, cependant, que la prospection n’avait pas
été faite au delà de la Vallée de La Roya, je pris deux jours
l’année suivante pour ‘’sonder’’ d’autres vallées.
C’est ainsi que je découvris un troupeau de chèvres ‘’du
pays’’ identiques à celles de Pierre BALMA, dans la Vallée de
La Vésubie, chez Baptistin LIOGER, à Roquebillière. Il y
avait là aussi une soixantaine de chèvres avec des boucs.
D’autres troupeaux traditionnels repérés se sont avérés
avoir été croisés avec des boucs Alpins ou Rove, mais dans le
fond de la vallée je pus identifier quelques individus de même
type. Je tentais alors de sauver quelques animaux, en les
proposant à des contacts que j’avais dans les Alpes de Haute
Provence, mais cela n’eut pas de suite. Il faut dire qu’à cette
époque, on redécouvrait la chèvre Provençale, et qu’il était
difficile de concevoir qu’il puisse aussi exister une autre race
de chèvre dans la Région.
Depuis lors, j’ai perdu tout contact avec cette race pour
laquelle on peut simplement dire que jamais une prospection
systématique n’a été réalisée. En 2000, il est possible qu’il y
ait eu encore des spécimens. C’est de plus en plus improbable
aujourd’hui.
Description :
La chèvre de ‘’Roya-Vésubie’’ est
(était) une race de taille moyenne à tête
longue, aux oreilles fines, légèrement dirigées
vers le bas, avec ou sans cornes (de type ibex),
à poils longs à dominante noire ou foncée avec
assez souvent des taches blanches. C’était une
race de parcours, rustique, la plupart du temps
gérée en grands troupeaux qui pratiquaient la
transhumance inverse, passant l’hiver sur la
zone littorale prés de Nice, et l’été dans la
haute montagne de l’arrière pays Niçois, et
restant très peu dans les zones intermédiaires
sièges des exploitations. Cette race propre au
département des Alpes Maritimes, qui recou- vre l’ancien Comté de Nice, qui n’a rejoint la
France que dans le courant du XIXème siècle,
pourrait également s’appeler ‘’Niçoise’’
tant son élevage est dans la mouvance de cette ville.
Elle ne peut être confondue avec la grosse chèvre
‘’Provençale’’, à profil convexe, à museau de brebis, à poil
mi-long, forte chèvre laitière sédentaire des mas de Provence
(Alpes de Haute Provence, Bouches du Rhône, Var, Vau- cluse).
A ma connaissance, aucun repérage n’a été réalisé côté
Piémont. Pourtant, on y trouve des types ovins très proches de
celui de La Brigue (Brigasque). Les échanges avec l’Italie sont
constants.
Laurent AVON
(*) FERME lui apportera son soutien. Même si ce dernier
ne pourra être que modeste, le sauvetage d'une race tient
avant tout à la volonté d'amoureux(ses) des chèvres et
parfois, un coup de pouce suffit à redonner courage et à
faire la différence ! Nous l'avons déjà expérimenté .
APPEL:
FERME cherche infos et contacts à propos de la Roya
Vésubie ... A vous de jouer !
Cabris "Roya vésubie" - Elevage
Baptistin LIOGIER 1996 - Photo
Laurent AVON
Qui sortira cette race de" l'ombre" ?
Journal de FERME - N° 50/51 - Nov. 2005 - Page 34