En résumé
Vous êtes policier, juge d’instruction, et vous tenez un suspect plus que sérieux pour le dossier brûlant de deux jeunes femmes disparues. Et d’un seul coup… patatras. On vous met un bâton dans les roues, les portes du tribunal se ferment et plus rien ne se passe. C’est dans cette situation irréelle et dérangeante que se trouve, presque quarante-deux ans après, un dossier gravissime mais oublié, qui intéresse fortement le pôle « cold cases » de Nanterre. La structure va souffler en mars sa quatrième bougie et elle devrait reprendre prochainement l’affaire de la disparition de deux jeunes femmes belges, Marie-Agnès Cordonnier et Françoise Bruyère, en août 1984 en Savoie. Une affaire à sa mesure, qui met au jour les pratiques défaillantes de l’enquête pénale en France. L’examen du dossier initial a révélé la remise en liberté d’un suspect sur lequel pesaient des charges très lourdes, puis un non-lieu, décidés en 1996 dans des conditions « inexplicables », dit-on aux Jours. Selon nos informations, le pôle a déjà sous le coude une piste et quelques idées pour essayer de mettre un point final à ce dossier. Des fouilles peuvent être entreprises, pense-t-on, et des suspects peuvent être interrogés. La décision ne devrait pas tarder. « Il y a une recherche qui peut être menée sous une dalle, dans un lieu identifié dans le dossier. Au moins une personne peut être réinterrogée et sans doute d’autres », glisse-t-on aux Jours de source proche du dossier.
Depuis août 1984, Marie-Agnès Cordonnier et Françoise Bruyère n’ont jamais reparu.