Pathologie Biologie

Volume 58, Issue 2, April 2010, Pages 144-146
Pathologie Biologie

Bilan bactériologique de six ans de dépistage du streptocoque de groupe B (SGB) au cours du dernier trimestre de la grossesseEvaluation of 6 years of group B streptococcus (GBS) screening in near-term pregnant women

https://doi.org/10.1016/j.patbio.2009.07.010Get rights and content

Résumé

L’intérêt du dépistage du SGB au cours du dernier trimestre de la grossesse est confirmé de longue date désormais. Pour suivre au mieux les recommandations, au fil des années notre procédure de recherche des SGB a évoluée. Utilisant un milieu gélosé d’abord non sélectif puis sélectif de différents fournisseurs en fonction des études existantes, de notre satisfaction d’usager, de nos marchés financiers avec les sociétés… Nous présentons ici un bilan de plus de six ans basé sur la comparaison des résultats de culture du dépistage au troisième trimestre de grossesse et des prélèvements orificiels de naissance positifs à SGB. Le pourcentage de bébés positifs à SGB s’établit donc régulièrement à 13–14 % des dépistages positifs au troisième trimestre dans notre hôpital.

Abstract

Streptococcus agalactiae (GBS) is a significant cause of morbidity and mortality among newborns. Colonization frequently occurs in pregnant women, nearly all international recommendations suggest that all pregnant women must be screened for vaginal colonization at 34 to 37 weeks of gestation. The microbiological diagnostic modalities used to combat GBS had to be accurate and in short time frame. We reported a 6 years experience of GBS screening, comparing results of culture swab of prenatal vaginal specimens and newborns colonization or infection. The carriage rate of 13 to 14% of GBS in newborn was unchanged during all the study period.

Introduction

Les streptocoques de groupe B (SGB) font partie de la flore commensale du tube digestif et parfois de la flore vaginale. Leur portage peut s’avérer devenir un problème quasi exclusivement lors de la grossesse, c’est pourquoi depuis 2001, l’Anaes (HAS aujourd’hui) recommande dans ses objectifs de bonnes pratiques médicales de rechercher entre la 34e et la 38e semaine d’aménorrhée le SGB [1].
SGB fait parti des bactéries vaginales à haut risque infectieux en raison des rares mais éventuellement lourdes conséquences de son passage chez le fœtus ou le nouveau-né. En particulier, la relation entre portage maternel vaginal et/ou bactériurie à SGB et accouchement prématuré est clairement démontrée en cas de forte colonisation vaginale [1], [2], [3], [4], [5], [6].
Pour les microbiologistes ces recommandations sont simples puisqu’il s’agit d’ensemencer en quadrant une gélose au sang sans enrichissement et de l’incuber 48 heures.
Progressivement sont apparus sur le marché des milieux sélectifs, d’abord liquides puis solides reposant tous sur le même principe de faciliter l’expression de la pigmentation orangée des colonies de SGB [7], [8].
Au fil des années depuis 2002, nous avons adapté notre stratégie de dépistage de SGB, c’est ce bilan sur plus de six années que nous présentons.

Section snippets

Méthodes

Pour réaliser ce dépistage de SGB dans la flore vaginale au dernier trimestre de grossesse.
Nous avons successivement utilisé les techniques suivantes :
  • 2002 à 2003 : utilisation d’une gélose au sang de mouton Columbia ensemencée en quadrant et incubé 48 heures en anaérobiose ;
  • 2004 à 2005 : gélose spécifique « strepto B agar » (AES) ;
  • 2006 à 2008 : gélose spécifique « strepto B agardiff » (Granada®) (BD Biosciences).
Concernant l’ensemencement des liquides gastriques, l’association d’une gélose

Résultats

Si l’on se réfère au nombre de dépistages pré-accouchement reçus, on peut estimer qu’entre 75 et 80 % des enfants ont été dépistés pour la recherche de SGB (Tableau 1).
Quel que soit la technique utilisée, la prévalence de bébés positifs à SGB par rapport au nombre de dépistages maternels positifs reste donc constante depuis 2002 et s’établit entre 13 et 14 % (Tableau 2).
Le taux global de transmission materno-fœtale du SGB observé entre 2002 et 2008 est de 13,8 % cela si l’on met en parallèle la

Discussion

Dans la littérature internationale, la prévalence retrouvée du portage de SGB chez la femme enceinte est de 10 à 20 % associé à un taux de transmission materno-fœtale avoisinant les 50 %, seuls 1 à 2 % des nouveau-nés sont susceptibles de développer une infection néonatale à Streptococcus agalactiae [1], [2], [3], [4], [5], [6].
Ce portage peut être chronique, transitoire ou intermittent.
La relation entre portage pendant la grossesse et portage à l’accouchement est imprévisible.
Les données

Conclusions

Le dépistage sur milieu sélectif a simplifié notre pratique puisqu’il devient inutile de repiquer des colonies comme nous le faisions avant lors de l’utilisation de gélose Columbia, voire Columbia supplémenté en inhibiteurs de bactéries Gram négative, acide nalidixique et colistine.
Dans notre population de femmes enceintes le taux de portage de SGB se stabilise entre 12 et 15 % depuis 2004. Seuls 1 à 3 % des nouveau-nés naissent porteurs de SGB.
Dépistage et antibioprophylaxie dans les cadres

Conflits d’intérêts

Les auteurs n’ont pas transmis de déclaration de conflits d’intérêts.

Références (10)

  • A.K.M.S. Islam

    Rapid recognition of group B haemolytic streptococci

    Lancet

    (1977)
  • Recommandations pour la pratique clinique. Diagnostic et traitement curatif de l’infection bactérienne précoce du...
  • S.J. Schrag et al.

    Group B Streptococcal disease in the era of intrapartum antibiotic prophylaxis

    N Engl J Med

    (2000)
  • ACOG Practice Bulletin no 80: Premature rupture of membranes. Clinical management guidelines for...
  • Center for Diseases Control and Prevention. Prevention of perinatal group B streptococcal diosease MMWR 2002;...
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Cited by (1)

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