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Friches culturelles : un nouvel enjeu urbain

Pour aider les collectivités à gérer ces lieux d'accueil de « nouveaux territoires de l'art », le gouvernement crée une mission interministérielle à vocation d'expertise et de conseil.

Publié le 18 févr. 2002 à 01:01

Face au développement des friches culturelles et aux nouvelles attentes et besoins qu'elles suscitent, le gouvernement a annoncé vendredi la création d'une mission interministérielle au service de ces « nouveaux territoires de l'art ». « Ces initiatives culturelles remplissent une attente, mais elles posent des questions auxquelles le schéma traditionnel du ministère de la Culture ne peut répondre », explique Michel Duffour, secrétaire d'Etat au Patrimoine et à la Décentralisation culturelle. Egalement soutenue par le ministère délégué à la Ville et le secrétariat à l'Economie solidaire, cette mission sera basée auprès de l'Institut des villes et aura un rôle d'expertise, de conseil et d'appui technique aux collectivités locales ainsi qu'aux services déconcentrés de l'Etat. Elle permettra aussi de mieux informer les différents partenaires en mutualisant les expériences existantes.

La mise en place de cette structure, créée pour trois ans avec les moyens financiers et humains détachés par les différents ministères, fait suite au rapport commandé par le ministère de la Culture et présenté en juin dernier qui avait pour but de tenter de démêler l'écheveau des friches, squats et autres lieux de création « alternatifs » ou « intermédiaires ». Pour l'auteur du rapport, Fabrice Lextrait, « en dépit de leur extrême diversité, l'émergence de ces expériences provient d'un décalage entre les aspirations des artistes et les lieux de culture institutionnels, mais aussi de la volonté d'instaurer une nouvelle relation entre créateurs et publics ».

L'enjeu pour les collectivités est toutefois d'assurer la sécurité de ces lieux très variés, qui s'installent dans des friches industrielles ou urbaines avec ou sans l'aval des autorités locales et qui sont désormais une réalité artistique et sociale incontournable. Certaines de ces expériences se sont transformées en lieux très organisés et pérennes. C'est le cas de l'ancienne biscuiterie LU à Nantes ou encore des friches de La Belle de Mai à Marseille, où se tenait la semaine dernière le premier colloque international sur ces « nouveaux territoires de l'art ». Installées dans une ancienne usine de la Seita, les friches marseillaises ont aussi permis une véritable récupération économique des lieux, alors que 18,2 millions d'euros sont investis pour réhabiliter 23.000 m2 qui seront commercialisés auprès d'entreprises liées à l'industrie cinématographique et au multimédia.

BRIGITTE CHALLIOL

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