« Dans le monde musulman, les identités religieuses ne sont pas figées »

INTERVIEW. Peut-on résumer l’islam à la distinction entre sunnites et chiites ? Un peu court… Il faut entrer dans la complexité d’une mosaïque de cultures, de traditions et de pouvoirs, explique l’historien Dominique Avon.
Jérôme Cordelier

Propos recueillis par Jérôme Cordelier

Publié le 03/01/2026 à 20h00
Des cadets de l'armée de l'Air pakistanaise défilent au mausolée du fondateur du Pakistan, Muhammad Ali Jinnah, à Karachi, au sud du pays, le 6 septembre 2025. « Dans ce pays, la distinction confessionnelle n’est pas le seul critère à considérer pour saisir les rapports sociétaux. Les différences linguistiques, les coutumes, les mémoires historiques justifient l’action de mouvements séparatistes qui n’ont rien à voir avec la religion », explique l'historien Dominique Avon. © Xinhua/Abaca

Bien des idées reçues circulent sur le monde musulman, qui se révèle beaucoup plus complexe qu’il y paraît, à commencer par la distinction entre chiites et sunnites. Historien spécialiste de l’histoire intellectuelle du sunnisme contemporain, le chercheur et enseignant Dominique Avon nous éclaire sur les forces en présence, leurs histoires propres, mais aussi les ressorts de leurs accords et de leurs désaccords.

Le Point : Comment se répartissent aujourd’hui chiites et sunnites ?

Dominique Avon : Parler de chiisme et de sunnisme est une manière de distinguer des acteurs religieux ; c’est important mais cela ne permet pas une connaissance précise du monde musulman. Il y a bien des manières de vivre l’une ou l’autre de ces traditions ou confessions.

Les chiites représentent de 15 à 20 % des mus...

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