J'ai voulu m’arrêter sur le cas de Metroid Prime 4 et des notes qu'il a reçues, car cela va du
10/10 (PCMag) au 4/10 (Edge), ce qui représente une différence d’appréciation de taille.
Déjà, je sépare les notes (tests) des sites qui parlent d'une seule marque et ceux qui traitent de tous les constructeurs. Je fais cela car, généralement, un site dédié à une marque est souvent plus indulgent qu'un site généraliste. Après, il y a aussi des sites plus « indulgents » (comme Jeuxvideo.com ou Noisy Pixel) que d'autres (Gamekult ou Edge, par exemple). Ces derniers ont une « réputation » à défendre, une question d'image.
Mais pourquoi s'arrêter sur Metroid Prime 4 ?
D'abord, parce que Metroid est une licence reconnue et populaire. À sa sortie sur GameCube, Metroid Prime avait obtenu une moyenne critique dithyrambique (
97 % Metacritic). Il faut dire que Retro Studios avait réussi un exploit en transposant un jeu d'action 2D en un FPS tout en 3D. À l'époque, Retro Studios avait été fondé par Jeff Spangenberg (créateur d'Iguana Studio, derrière Turok sur Nintendo 64), ce qui était une vitrine technique et aidait sur le papier.
De plus, le premier épisode est sorti sur l'une des consoles les plus puissantes du marché, offrant les outils pour "en mettre plein les mirettes". Les deux opus suivants étaient sur des plateformes spécifiques (Metroid Prime 2 sur GameCube et le 3 sur Wii), là où Metroid Prime 4 sort sur deux plateformes qui n'ont pas la même puissance (Switch / Switch 2).
Il faut rappeler qu'il y a 18 ans d'écart entre Metroid Prime 3 (2007) et le 4 (2025).

Après une annonce en 2017, le projet a été annulé en 2019 par Nintendo pour être confié à Retro Studios, qui n'était pas le développeur prévu au départ. Vous imaginez l'attente suscitée ! Sachant qu'en plus, les têtes pensantes d'origine ne sont plus là : le réalisateur Mark Pacini, ainsi que les piliers Todd Keller, Jack Mathews, Mike Wikan et Zoid Kirsch. Ce sont eux qui avaient fait toute la « structure » des premiers épisodes.
Nous avons appris depuis qu'il y a eu
21 studios différents sur ce projet pour que le jeu puisse sortir comme promis sur Switch. Arriver à obtenir un bon jeu dans ces conditions relève plus du miracle qu'autre chose ; c'est, en fait, un « reboot » qui s'ignore. Tout le truc, c'est d'arriver à se renouveler sans décevoir : un sacré dilemme.
Par exemple, dans l'approche « Open World » avec la partie en « moto » dans le désert, on sent que Zelda est passé par là. Le souci, c'est que Zelda: Breath of the Wild utilise un style en « cel-shading » qui permet de moins voir les défauts bruts (réaliste). Ici, on sent que la Switch est moins armée pour faire un Open World riche visuellement, surtout si l'on veut absolument tenir le 60 FPS. (Zelda est à 30 FPS). Il ne faut jamais oublier que si l'on utilise une ressource d'une certaine manière, cela empiète sur d'autres paramètres. Avoir de l'ambition, c'est bien, mais quand elle est démesurée, c'est plus délicat : on a beau pousser les curseurs pour une meilleure résolution, ça coince à un moment, surtout avec une réelle différence de puissance (contrairement au duo Switch/WiiU, beaucoup plus proche en puissance). Pareillement, vouloir amener plus d'action et moins de contemplation joue sur la façon de créer un niveau (surtout dans un genre que l'on appelle maintenant "Metroidvania").
Alors, comment noter un jeu dans ces conditions ?
On va avoir deux approches (qui tombent dans la caricature, mais disent une part de vérité) : ceux qui notent le miracle et ceux qui notent le mirage.
J'ai trouvé intéressant ce que dit le testeur de
Gamekult (6/10) :
« Appelez ça un syndrome de Stockholm ou un amour vache si vous voulez, mais même si ce nouvel opus est objectivement le plus mauvais de la série des Metroid Prime, il a malgré tout réussi à m’accrocher, parce que je serai toujours là pour Samus Aran. Si je vous raconte tout ça, c'est parce que dans mon cœur, Metroid Prime 4 Beyond est un 7/10, mais en se référant au vénérable barème de notation du site de référence, difficile de lui donner officiellement ce point en plus... même si plein d'aspects sont maladroits et/ou ratés, je suis quand même prêt à retourner sur Viewros. »
Cela résume bien le dilemme pour l'attribution de la note. (Je vous invite d'ailleurs à lire l'article de Puyo au sujet des notes :
Puyo a quelque chose à vous dire au sujet des notes).
Puyo dit "J’aurais voulu être assez mature pour affirmer main sur le coeur que « les notes c’est révolu », « l’apanage de la vieille presse », qu’il n’est plus l’heure d’un débat stérile sur les « 6 label » vs. les « 7 sans », « que le texte fait foi » même pour justifier les pires outrances. Ça a même pu m’arriver pour calmer certaines ardeurs en interne. Sans en penser un traître mot."
Petit aparté : Puyo parle de Shadow of the Colossus. Malgré l'obsession actuelle pour le framerate, cela ne l'avait pas empêché d'avoir 8/10 sur Gamekult (et même 19/20 sur JVC) à sa sortie, alors que Metroid Prime 4 n'a pas de soucis de ce côté-là. De même, The Last Guardian, qui a aussi connu un développement compliqué, a eu 8/10 sur Gamekult contre 14/20 sur Jeuxvideo.com (avec trois testeurs pour le même jeu). Comme quoi, il y a parfois une exigence à géométrie variable.
Si je devais résumer le test de Edge (4/10), ils ne disent pas que le jeu est médiocre, ils disent : "Nous refusons d'être complaisants avec Nintendo juste parce que c'est Metroid". Si je devais résumer cela en une formule : "Le seul 4 que ce jeu mérite, c'est celui qui est dans son titre." C'est ici l'émotion qui parle, mais de manière inversée.
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord disait : « Tout ce qui est excessif est insignifiant. » Je dirais que c'est vrai dans un sens si l'on reste dans la raison, mais c'est faux si l'on se place dans l'émotion.
La note pourrait peut-être se situer autour des 6/10 (raison) et 7/10 (émotion, voir 8/10 vu qu'il a une moyenne de
81% OpenCritic) comme le suggère Gamekult, si je me base sur les tests, 7/10 serait l'entre deux qui correspond le mieux.
Personne ne pourra nous faire croire qu'un mec testeur pro de jeux vidéo, peut mettre 10/10 à Prime 4 sans qu'il n'y ait un parti pris lié à de la thune ou qq autre obligation / copinage.
On se rappelle du 19/20 de Maxime Chao sur Sparking Zero, etc : même chose.
Et non, c'est pas du complot, suffit de se rappeler d'un des cas emblématiques, celui de Jeff Gerstmann, ancien rédacteur en chef éditorial chez GameSpot, qui avait été viré suite à la pression de Eidos à l'époque, car il avait assassiné un de leurs jeux.
Après, je prends mon temps pour y jouer, je ne fais pas des sessions de 6 heures de jeu chaque jour ^^' !
Quant "l'évolution" de la série, je parlerais plutôt de régression (level design, etc).
Je ne peux pas donner de note, disons que j'ai fait 30% du jeu et que je partirais sur un bon 15 ou 16 sur 20 si tu veux absolument une note (sans rusher ^^). Après, j'aime bien voir le reflet de Samus dans son casque quand je tire dans les murs, j'suis pas près de le terminer
Sinon personnellement, j'adore Metroid Prime 1, pas trop le 2 ni le 3 (je crois que l'effet surprise s'est estompé), et j'suis juste content de retrouver l'univers de Metroid, j'y passe de bonne soirée, mais je ne le recommanderais vraiment pas à tout le monde, en particulier ceux qui recherchent l'expérience du 1er Metroid (même si en terme de Gameplay pur, ça reste dans la lignée).
Maintenant faut arrêter de faire des caisses sur le sujet.
MP4 serait donc un jeu d'exception comme on en vois rarement? Absolument pas
Quand tu écris "Quand on joue à Metroid Prime Remastered, Metroid Prime 4 : Beyond ne vaut pas plus de la moitié de la note du premier jeu", tu n’expliques pas vraiment pourquoi.
C’est justement pour ça que j’ai fait cet article.
J'ai quand même l'impression d'un jeu inachevé comme si il y avait eu du contenu coupé.
https://www.gamekyo.com/blog_article483566.html
https://www.gamekyo.com/blog_article483552.html
https://www.gamekyo.com/blog_article483521.html
https://www.gamekyo.com/blog_article483496.html
https://www.gamekyo.com/blog_article483475.html
https://www.gamekyo.com/blog_article483392.html
https://www.gamekyo.com/blog_article483389.html
https://www.gamekyo.com/blog_article483380.html
Je crois qu'on a assez abordé le sujet.
Si plusieurs articles traitent du sujet, c'est que ce n'est pas anodin.
Aucun des liens que tu m'as donnés ne semble expliquer les causes réelles : le fait que l'équipe pilier, celle qui a défini la structure "Prime", n'est plus là. Qu'il y ait eu au total 21 studios sur le développement du jeu a des conséquences directes sur le résultat final. D'ailleurs, quand tu te réfères au premier Prime, n'oublie pas que son Remaster/Remake est basé sur le travail de ces piliers de l'époque.
Aucun de tes liens ne traite non plus de l'écart des notes de la presse (de 4/10 à 10/10), qui révèle pourtant tout de la façon dont les testeurs ont abordé le "miracle" ou le "mirage" de ce développement. Certains, comme EDGE, ont une réputation de sévérité à tenir pour ne pas paraître trop indulgents (pour ça que j'ai aussi évoqué Gamekult et ce que dit Puyo). Ces notes si opposées sont dans l'émotion, pas dans la raison. Enfin, c'est le premier épisode de la série à sortir simultanément sur deux supports différents, ce qui empêche une optimisation spécifique à une seule architecture.
Tout ça permet, à mon avis, de mieux comprendre pourquoi le jeu a des avis si contrastés.