Paris 2023, Austin 2025 et désormais Budapest 2025. Déjà de loin la meilleure équipe de l'année sur Counter-Strike, Vitality a remporté son deuxième Major de la saison ce dimanche dans la capitale hongroise, le troisième au total du club français, qui s'élève ainsi un peu plus haut dans l'histoire compétitive du jeu. Devant 20 000 personnes, les Tricolores Mathieu « ZywOo » Herbaut et Dan « apEX » Madesclaire, le capitaine, bien aidés par un très grand William « mezii » Merriman tout au long de la finale, ont dominé la structure américaine FaZe Clan en quatre manches (6-13, 13-3, 13-9, 13-2).
Avec ce trophée, Vitality boucle de la plus belle des manières une année historique, qui l'a vu remporter neuf tournois sur 21 disputés (et atteindre 20 demi-finales !). Cette régularité, quasi jamais vue dans l'histoire récente de CS, aurait presque pu être anecdotique, si le club français n'avait pas répondu présent dans les Majors, rendez-vous les plus incontournables du calendrier, dont l'aura éclipse tous les autres. Mais comme il y a six mois à Austin, son collectif a su briller en Hongrie aux instants qui comptaient le plus, faisant preuve d'une cohésion impressionnante tout au long des play-offs et en particulier dans cette finale.
Une finale mal embarquée
Vitality était pourtant très mal entré dans cet ultime match de la saison 2025, laissant filer Nuke (13-6), sans envoyer le moindre signal positif. Même si cette première carte était le choix de FaZe, il y aurait quand même eu de quoi, sur le papier, être inquiet : c'était sans compter la force mentale des Abeilles, revenues d'attaque sur le serveur après la pause, apparemment reboostées, en coulisses, par un discours fondateur de William « mezii » Merriman.
Le Britannique, impeccable sur cette finale, a lui-même montré l'exemple sur Dust2, carte forte des Français, pour conduire les siens vers une démonstration éclatante (13-3). L'ascendant mental était pris et Vitality ne comptait pas décélérer. Sur Inferno, le club français a à nouveau pris les devants, refroidissant un peu l'ambiance dans la salle, qui avait largement pris le parti de FaZe.
« C'est juste un nouveau jour au boulot, s'amusait apEX, avant la rencontre. Je ne les écoute pas, je ne les entends même pas, en fait. » Sur cette troisième carte, le capitaine français a souvent fait les bons choix stratégiquement, offrant la carte à son équipe (13-9), qui se retrouvait ainsi à un point du match. Ce qui lui permettait de serrer le poing en direction d'un groupe de fans en retournant aux vestiaires, le sentiment du devoir accompli.
Vitality se savait en effet plus forte sur Overpass, la quatrième carte et le déroulé lui a donné raison. Robin « ropz » Kool a marché sur l'eau, l'équipe a aligné onze rounds d'affilée et un dernier clutch d'apEX a plié l'affaire. « On a joué à un niveau incroyable, je suis vraiment heureux, s'émerveillait le vétéran une fois le trophée acquis, après avoir passé de longues minutes dans le MVM Dome à saluer les fans. Ce semestre n'a pas été le même que le premier de 2025, mais c'est compliqué de réussir à faire deux fois la même chose. L'émotion est folle, on s'est battus pour l'avoir. On s'est battus pour l'avoir celui-là aussi. On était moins favoris mais impossible de ne pas compter sur Vitality... »
Les records d'apEX et ZywOo
Pour le capitaine français, ce Major à forcément une saveur particulière. À 32 ans, 9 mois et 20 jours, il devient le joueur le plus âgé à remporter le titre suprême, le quatrième depuis le début de sa carrière - seul Peter « dupreeh » Rasmussen a fait mieux -. Son duel stratégique avec le leader in-game adverse, Finn « karrigan » Andersen, légende à ce rôle, était scruté de près : le Français a prouvé qu'il n'avait plus rien à lui envier et qu'il méritait d'être considéré comme l'un des meilleurs capitaines de l'histoire de CS.
Évidemment, ce succès porte aussi, comme à chaque fois avec Vitality, le sceau de ZywOo. Comme en demi-finales, le sniper français n'a pas eu à s'employer pour aller chercher le trophée ce dimanche, tant ses coéquipiers ont brillé, mais a été précieux de fiabilité. Mais comme toujours ou presque, il a fini par décrocher le trophée de MVP du tournoi, le troisième de sa carrière en Major - un pour chaque titre de son club -, ce qu'aucun joueur n'avait réussi avant à lui. « Ce n'est pas quelque chose que j'avais en tête, assurait-il après-coup. Mais c'est toujours une satisfaction en plus. Savoir qu'on est le meilleur joueur, que tu as été désigné... Je vais encore mieux dormir. »
Après une année éreintante, ce qui est un peu inévitable lorsqu'on atteint le dernier carré de tous les tournois, l'heure du repos et « d'un bon whisky », à en croire ZywOo, est en effet enfin venue pour les Abeilles. Avant de repartir, en 2026, vers de nouveaux défis, qui ne seront pas faciles à définir, pour cette équipe qui a désormais tout gagné. « Il n'y a pas trop de raison que ça s'arrête, concluait quand même le Nordiste dans un grand sourire. On a conscience d'avoir une équipe incroyable, on a de la chance... Pourquoi pas refaire une saison équivalente ? » Voilà le reste de la planète Counter-Strike prévenue.