Résumé de l’article

  • La série "Adolescence" sur Netflix plonge le spectateur dans le chaos d'une famille après l'arrestation de leur fils de 13 ans.
  • Les quatre épisodes, tournés en plans-séquences, offrent une immersion vertigineuse dans le quotidien d'adolescents et leurs interactions.
  • Le jeune acteur Owen Cooper livre une performance exceptionnelle, incarnant avec nuance un personnage complexe entre innocence et violence.
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    "Adolescence", quatre épisodes en plans-séquences aussi virtuoses que suffocants

    Une image de la série "Adolescence" sur Netflix. [Netflix]
    Une image de la série "Adolescence" sur Netflix. - [Netflix]
    Il est six heures du matin. La police va pénétrer avec fracas chez les Miller pour arrêter Jamie, treize ans, soupçonné du meurtre sauvage d'une collégienne. Bienvenue dans "Adolescence", sur Netflix depuis le 13 mars, une immersion vertigineuse au sein d'une famille ordinaire basculant dans le chaos.

    Sheffield, au nord de l'Angleterre. "Vous vous trompez de maison! Je n'ai rien fait!", hurle Eddie Miller, le père, honnête plombier sans histoire, alors qu'une armada de robocops vient de forcer violemment la porte d'entrée de sa maison. Son épouse en pleurs en bas de l'escalier et sa fille, sommée de se mettre à genoux dans les toilettes, ne comprennent pas cet ouragan matinal.

    L'objectif des policiers d'assaut: la chambre d'enfant à l'étage, celle de Jamie. Alors qu'on lui signifie son arrestation, le gamin mouille son pyjama. A peine le temps de se changer qu'il est embarqué manu militari, tel un dangereux criminel.

    Tourné en plans-séquences

    Dans ce premier épisode de la série "Adolescence", le plus puissant des quatre, la caméra suit cette arrestation sans ellipse, puisque tournée, comme les trois autres parties, en temps réel et en un seul plan-séquence (une seule prise réalisée sans interruption ni montage). Le rêve de tout cinéaste qui se respecte.

    Mais cela implique un travail d'orfèvre en amont du tournage pour répéter les chorégraphies millimétrées des comédiens autant que celles de la caméra. Cette dernière doit suivre, sans coupe, le déroulé d'une action mettant en scène une dizaine de personnages et tout autant de figurants à l'intérieur d'une maison, d'une fourgonnette, puis dans les différentes salles d'un commissariat. Le réalisateur Philip Barantin et ses équipes ont fait preuve d'une rare virtuosité!

    Immersion dans l'adolescence

    Le rythme aussi effréné qu'effrayant auquel se déroulent les évènements ne laisse que peu de temps aux interrogations. Une seule réflexion émerge toutefois et ne cesse de tarauder: et si ce gamin était innocent? Avec une arrestation si musclée, il sera traumatisé à jamais! Mais s'il s'avère être coupable d'avoir poignardé à sept reprises une fille de son âge dans un accès de violence, quel est son mobile et surtout le profil psychologique de cet assassin de treize ans?

    Malgré que le suspense lié à son innocence ou non soit vite levé, l'envie de sauter sur l'épisode deux est irrésistible. Avec la même grammaire, la caméra s'invite dans le collège de Jamie, trois jours plus tard, alors que la police récolte des témoignages. La série "Adolescence" n'a jamais aussi bien porté son titre, offrant une immersion palpitante au cœur de cette jungle qui connaît son propre langage et ses propres règles, de quoi désarçonner des adultes largués.

    Un casting à la hauteur

    Pour que la magie opère, il fallait pouvoir compter sur un casting à la hauteur de l'ambition. Si toutes et tous sont irréprochables, Owen Cooper (Jamie) livre un numéro aussi impressionnant qu'exceptionnel pour une première apparition à l'écran. Mi-ange, mi-démon, son jeu tout en nuances subjugue dans l'épisode de la confrontation avec une pédopsychiatre, où ses colères soudaines croisent le fer avec ses tentatives d'attendrir son interlocutrice.

    Malgré sa réussite sur la forme, "Adolescence" laisse un sentiment amer, comme souvent avec les productions Netflix. Dommage en effet que les scénaristes se soient contentés de survoler plus que de creuser des sujets pourtant majeurs comme le masculinisme et les dégâts engendrés sur des gamins déboussolés, le harcèlement scolaire ou encore les réseaux sociaux et leurs dérives, réseaux qu'il faudra bien finir par mieux contrôler.

    >> Voir le sujet du 19h30 :

    La mini-série "Adolescence" cartonne sur Netflix
    La mini-série "Adolescence" cartonne sur Netflix / 19h30 / 2 min. / le 25 mars 2025

    Philippe Congiusti/ld

    "Adolescence" de Jack Thorne et Stephen Graham, réalisée par Philip Barantin, avec Owen Cooper et Ashley Walters. A voir sur Neflix depuis le 13 mars 2025.

    Publié Modifié