Par une nuit glaciale de janvier, dans le quartier brillant de mille feux d’Omotesando, à Tokyo, une petite foule est agglutinée devant une vitrine débordante de couleurs. Des passants emmitouflés dans leur manteau saisissent avec leur téléphone ce qui s’y déroule : une créature féminine à l’allure fantasmagorique, vêtue d’une robe jaune à pois noirs, peint des cercles dans le vide d’un geste saccadé, tandis qu’une vidéo projetée derrière elle montre quasiment la même chose, de sorte que cette espèce de sorcière maniant le pinceau apparaît en double.

La créature, située au même niveau que la rue, regarde au loin, en rêvassant, avant de se ressaisir. Elle lève alors les yeux et semble vous fixer du regard. À ce moment-là, l’animatronique est incroyablement fidèle à la réalité : le robot cligne des yeux, un côté de son visage tressaille, puis il détourne le regard, comme si la présence du spectateur le gênait.

Yayoi Kusama se rapproche toujours plus de l’immortalité, coup d’éclat après coup d’éclat…

Cela fait [plusieurs] mois que la figure de l’artiste plane sur les capitales culturelles du monde dans le cadre d’une nouvelle collaboration avec la marque Louis Vuitton. En décembre, une animation 3D a fait surgir la tête de Yayoi Kusama d’un panneau d’affichage, telle une impératric