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Énergies fossiles, forêts… Qu’est-ce qui a été décidé pour le climat lors de la COP30 à Belém, au Brésil ?

23 nov. 2025 à 09:38Temps de lecture
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La COP30 s'est achevée au Brésil. Voici ce que les pays présents ont décidé en faveur du climat.

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Le président de la COP30, Andre Correa do Lago (au centre), écoute ses conseillers aux côtés du secrétaire exécutif des Nations unies pour les changements climatiques, Simon Stiell (à gauche), après l’interruption de la séance plénière suite à l’intervent

© Pablo PORCIUNCULA / AFP / Le président de la COP30, Andre Correa do Lago (au centre), écoute ses conseillers aux côtés du secrétaire exécutif des Nations unies pour les changements climatiques, Simon Stiell (à gauche), après l’interruption de la séance plénière suite à l’intervent

La 30e conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP30), qui s’achève samedi à Belém au Brésil, a produit des textes onusiens adoptés par consensus des pays, mais également des engagements volontaires, hors du processus de négociations.

Les trois premiers résultats, les plus épineux, ont été adoptés dans un document baptisé "Mutirão mondial", terme tiré d’un mot autochtone tupi-guarani signifiant "effort collectif" censé exprimer l’esprit des négociations promu par la présidence brésilienne.

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Efforts "volontaires" pour abandonner les fossiles

La COP30 adopte le lancement d’une "initiative volontaire" pour les pays qui souhaitent collaborer pour une réduction accrue de leur pollution carbone afin de limiter le réchauffement climatique à + 1,5°C. L’initiative doit "prendre en compte" l’engagement pris à la COP28 en 2023 d'abandonner à terme les énergies fossiles, sans toutefois citer ce terme sensible qui menaçait de faire dérailler les négociations.

Un rapport sur ces efforts, qui incluent deux "sessions d’informations" en juin et novembre 2026, doit être produit à la COP31. Malgré la pression de plus de 80 pays européens, latino-américains et insulaires, mais aussi de la Belgique, la conférence n’a pas adopté de "feuille de route" explicite de sortie des énergies fossiles.

En réponse, le président brésilien de la COP30, André Correa do Lago, a annoncé samedi son intention d’en lancer une sur ce sujet ainsi qu’une autre contre la déforestation, pour les pays volontaires. Mais ce ne sera en aucun cas une décision générale des pays de la COP.

 

Tripler l’aide à l’adaptation climatique

Le mutirão demande des "efforts pour au moins tripler" d’ici 2035 l’aide financière pour l’adaptation climatique des pays en développement, par rapport à l’objectif annuel de 40 milliards par an pour 2025. Cela sert par exemple à restaurer des écosystèmes, renforcer les bâtiments contre les tempêtes, aider les agricultures à se préparer aux sécheresses…

Au total, les pays développés ne se sont pas engagés à augmenter l’enveloppe globale de leurs financements climatiques. Mais le projet décide d’organiser une table-ronde sur le nouvel objectif collectif décidé fin 2024 à Bakou (COP29) et qui prévoit de mobiliser pour 2035 au moins 300 milliards de dollars par an de financement public pour les pays en développement, et 1300 milliards de dollars par le biais de toutes sources publiques et privées confondues.

Les tensions commerciales de la transition

Pour la première fois, les tensions commerciales mondiales vont faire l’objet d’un "dialogue" pendant trois ans dans l’enceinte des négociations climatiques. Cette nouveauté est la victoire politique qu’était venue chercher la Chine, qui tentait de longue date, avec d’autres pays émergents exportateurs dont l’Inde, de contester aux COP les barrières commerciales environnementales, notamment la taxe carbone aux frontières de l’Union européenne.

Fonds pour les forêts

Hors des décisions officielles de la COP, le Brésil a lancé un fonds d’un nouveau genre pour protéger les forêts : le TFFF. Il sera investi sur les marchés et les gains serviront à rémunérer les contributeurs et les pays en développement, selon le nombre d’hectares de forêts effectivement protégées.

Il a recueilli environ près de 7 milliards de dollars d’engagements de contributions initiales, plus ou moins étalées sur les prochaines années, et selon des conditions diverses selon les pays : Brésil (1 milliard de dollars), Norvège (3 milliards de dollars), l’Allemagne (1 milliard d’euros), Indonésie (1 milliard de dollars), France (jusqu’à 500 millions d’euros), Portugal (1 million d’euros).

À terme, le Brésil souhaite lever 125 milliards de dollars : 25 milliards d’euros de fonds publics et 100 milliards de fonds privés.

Méthane, carburants durables, charbon

Plusieurs engagements volontaires de pays ont vu le jour concernant le méthane, deuxième plus important gaz à effet de serre après le CO2, le quadruplement des "carburants durables", ou encore le charbon, avec l’annonce par la Corée du Sud de son élimination progressive dans ses centrales électriques.

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