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Au premier rang du public de la cour d’assises de Bourg-en-Bresse (Ain), une rangée de dix femmes vêtues de tee-shirts blancs. Sur ces tee-shirts, une photo. Une «bouille» plutôt, irrésistible comme les enfants de cet âge. De bonnes joues roses, des grands yeux bruns écarquillés : Samya, 2 ans.
Samya, c'est l'enfant que Karine Torchi, 38 ans, a «saisie à la taille, portée à la fenêtre, et poussée». C'était la fille de sa meilleure amie, avec qui elle s'entendait «très bien». Elle comparaissait cette semaine pour son meurtre, et pour l'empoisonnement de son neveu de 11 mois. Elle a été condamnée à trente ans de prison.
Karine Torchi est impressionnante quand elle se lève, parce qu'elle est très grande, très grosse, et que son visage n'exprime jamais rien. Même quand son corps esquisse enfin un mouvement, même quand le président de la cour d'assises lui crie dessus : «Participez aux débats !», elle ne répond pas.
«Haine». Karine Torchi ne parle que d'elle, et encore, à peine. Elle a dit aux psys qu'elle était «la mal aimée» de sa famille. Aînée d'une fratrie de quatre où chaque naissance après la sienne fut son drame. Les cadets prenaient sa place et l'attention des parents, déjà faible. Le père était alcoolique et violent. La mère peu sentimentale.
Karine la mal aimée est devenue l'incarnation du mal. Elle prend désormais toute la place. Tous, sœurs, frère, parents, anciens amis, anciens amants, ne parlent plus que d'elle, et d