Finances publiquesL’État éreinte l’étude de la CVCI sur le coût de l’aide sociale
Le Canton publie une contre-expertise qui qualifie d’«erronée» l’étude de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie. Celle-ci réagit.
L’aide sociale est au centre d’une bataille de chiffres entre les milieux patronaux et l’État de Vaud. Mardi, le Canton a publiquement démoli – contre-expertise à l’appui – l’étude de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), qui affirmait, en août dernier, que seulement 38% des dépenses sociales sont versées aux bénéficiaires vaudois.
«Faux», réaffirme l’État de Vaud: «93% des dépenses du social reviennent directement aux bénéficiaires», assure-t-il dans sa réponse à une interpellation du chef de groupe PLR, Nicolas Suter. C’est en effet la deuxième fois que le Canton contredit les chiffres de l’étude publiée par la CVCI cet été.
Pour rappel, la Chambre de commerce avait mandaté le cabinet d’expertise Swiss Economics pour analyser «l’efficience de l’administration vaudoise», en comparaison intercantonale avec Berne et Zurich, en se concentrant sur les dépenses du social pour l’année 2022. L’étude du bureau zurichois estime que Vaud était loin derrière les deux cantons alémaniques et pourrait économiser 250 millions par année en améliorant l’efficacité de son administration.
En septembre, le Conseil d’État avait déjà formulé une première riposte. «Même si la Direction générale de la cohésion sociale supprimait l’entier des frais de fonctionnement pour la gestion des régimes d’aide et pour son propre fonctionnement, secteurs social et médico-social confondus, l’économie serait au maximum de 176,9 millions, chiffrait alors le gouvernement vaudois. Évidemment, cette Direction générale ne pourrait plus fonctionner.» Les frais de gestion «avoisinent 7% seulement», redit mardi l’État, confirmant les chiffres avancés en septembre.
La CVCI «prend acte»
Pour sa deuxième réplique, le Canton a fait expertiser l’étude de la CVCI par la Haute École de travail social Fribourg. Les conclusions de cette contre-expertise sont sévères: «Le modèle utilisé par Swiss Economics repose sur une méconnaissance des variables utilisées, des choix méthodologiques arbitraires et une mauvaise interprétation de l’outil d’estimation. Il en découle que les résultats présentés sont trompeurs et les conclusions erronées.»
La CVCI a, à son tour, réagi mardi. «Nous prenons acte des critiques avancées par le Conseil d’État dans sa réponse au député Suter, écrit la Chambre. Malgré le fait que la CVCI soit entrée dans une logique de discussions en vue de clarifications et de transparence, des divergences méthodologiques subsistent encore et toujours.» La CVCI assure que son «intention première était de chiffrer le sujet de l’efficience et de lancer un appel à l’action politique». De quoi alimenter le débat budgétaire en fin d’année.
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