Les Marseillais étaient venus chercher à Lens un rebond, une manière agréable d'atténuer la frustration de Lisbonne en restant au sommet de la L1, et ils ont en fait traversé la même soirée que mercredi, le froid qui pique en plus. Battus en Ligue des champions par le Sporting Portugal (1-2) après avoir ouvert le score et donné l'impression qu'ils maîtrisaient la partie, ils ont suivi un chemin cruellement similaire face au RC Lens, qui les a renversés en maintenant la tête de Benjamin Pavard sous l'eau.
L'ancien Lillois n'est naturellement pas un grand fan de Bollaert et il ne changera pas d'avis au bout d'une telle prestation, abrégée par Roberto De Zerbi dès la 61e minute, sous les copieux sifflets de supporters lensois assez ingrats, puisqu'ils doivent leur victoire au défenseur. Pavard expérimente à sa façon la théorie du ketchup, quand tout arrive d'un coup, sauf qu'il s'agit là de malheurs : après des débuts idylliques à l'OM, il était coupable sur les deux buts du Sporting et il l'est également sur les deux de Lens, d'abord à cause de son tacle maladroit sur Odsonne Edouard, averti dans un premier temps pour simulation. Mais comme au Portugal, le VAR n'était là que pour contrarier les Olympiens et il est justement intervenu pour donner un penalty à Edouard, dont la Panenka a transformé le match (1-1, 23e).
Si elle a réveillé les tribunes et relancé le Racing, elle a surtout éteint les Marseillais qui n'ont plus jamais retrouvé leur rayonnement des vingt premières minutes, quand leur 3-4-3 prenait aisément le dessus sur celui des Lensois. Avec Arthur Vermeeren au milieu pour accélérer les ballons, les espaces s'ouvraient sans forcer et Mason Greenwood a joliment marqué son septième but de la saison, en reprenant sans contrôle, dans le petit filet opposé, un centre de Timothy Weah (0-1, 17e).