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Publié le 15/12/2004 à 3h29

Moteur (cérébral) surpuissant, accélération foudroyante en sa prime jeunesse, course en tête depuis plus de trente ans. Le génie mathématique d'Alain Connes laisse babas les meilleurs critiques, ses (presque) pairs ès algébriques cogitations. Thèse renversante, médaille Fields pour un résultat majeur avant 40 ans, Collège de France, académicien (France, Etats-Unis, Russie), prix Crafoord pour l'ensemble de son oeuvre... La médaille d'or 2004 du CNRS (cérémonie aujourd'hui) vient alourdir la veste. Si le profane peut s'interroger, la mathématique partageant avec les religions révélées ce côté impénétrable, justification des corps ecclésiastiques, la trajectoire connienne dans l'espace sociologique d'une science absconse signale un «très grand», insiste un aficionado. Au point que certains thuriféraires voient en lui le nouveau Copernic qui reformera, par sa géométrie inédite, l'unité d'une physique fracturée entre l'infiniment grand et l'infiniment petit. Reste un mystère. Quelle source d'énergie suralimente cette Formule 1 intellectuelle, menaçant sa mécanique de surchauffe ?

A l'observer, devant son jus de fruit vitaminé, dans un petit resto de bord de Seine près de l'Institut de France à Paris, le super-matheux contredit joyeusement la caricature convenue de son état. Volubile mais jamais embrouillé. Agitant les mains sans en négliger le contrôle. Plissant le visage d'un sourire généreux exempt de tics. Riant avec franchise et sans fausse note. Dévoilant ses batteries intim

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