Genève internationaleLe CICR supprime 240 postes de son siège genevois
En proie à des difficultés budgétaires, l’organisation confirme l’ampleur de la réorganisation. Des employés licenciés ont déjà été informés.
- Le CICR supprime 240 postes à son siège genevois dans le contexte financier difficile.
- L’organisation réduit son budget de 300 millions pour atteindre 1,8 milliard.
- Tous les départements sont touchés par cette restructuration à Genève, où travaillent 1130 salariés.
Coup dur pour la Genève humanitaire: le siège genevois du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) lance une vague de licenciements importante: 240 postes sont concernés, a appris la «Tribune de Genève».
Ce chiffre est aujourd’hui confirmé par le service de presse de l’organisation. Si celle-ci indique que le budget final pour l’année 2026 doit être encore approuvé par l’Assemblée du CICR, son organe suprême, certains collaborateurs se sont vu notifier leur licenciement en début de semaine. Le site genevois compte actuellement 1130 employés.
Ces mesures s’inscrivent dans la réduction du budget de 17% de l’organisation annoncée cet été. Sans articuler de chiffres quant au nombre de licenciements, le CICR présentait alors un budget de 1,8 milliard amputé de 300 millions de francs. «Le secteur humanitaire est sous pression en raison de l’augmentation des besoins dans un contexte d’incertitude financière, justifie aujourd’hui le communicant de l’organisation. Plus tôt cette année, le CICR a lancé un processus de planification visant à équilibrer nos ambitions stratégiques et les contraintes financières auxquelles nous sommes confrontés.»
«Tous les départements»
Concrètement, «les réductions de personnel toucheront tous les départements et niveaux organisationnels au sein du CICR, informe ce même porte-parole. Tout changement dans la structure organisationnelle visera à maximiser l’efficacité, à renforcer les synergies et à préserver notre capacité à répondre aux conflits armés les plus dévastateurs, tout en plaidant pour le respect des règles de la guerre.»
Le chargé de communication ajoute que «la période est difficile pour l’organisation et particulièrement pour les collaborateurs concernés».
C’est une crise sans précédent que traverse l’organisation humanitaire profondément liée à Genève. En 2023, confronté à la baisse de la contribution des États, le CICR était déjà contraint de licencier en masse.
Dans un entretien accordé au journal «Le Temps» en avril 2025, son nouveau directeur général, Pierre Krähenbühl, entré en fonction en avril 2024, évoquait alors «une crise sévère» au cours de laquelle le CICR a dû réduire ses dépenses de 700 millions de francs entre 2023 et 2024. «On est passé d’un budget de 2,8 à 2,1 milliards et on a supprimé 4500 postes de travail», avançait le Genevois de 58 ans en guise de bilan de la réorganisation précédente.
Là aussi, ces mesures n’ont pas épargné le quartier général genevois ainsi que le centre logistique de Satigny. Lors de cette vague de licenciements, certains collaborateurs étrangers installés dans la région se retrouvaient sans aucun filet social ni assurance chômage en Suisse.
Cette situation s’explique par un changement de statut opéré à la fin 2020 par le CICR. À la faveur d’une renégociation menée avec la Confédération, l’organisation n’est désormais plus contrainte d’affilier l’ensemble de ses salariés au système helvétique d’assurances sociales. En revanche, les travailleurs locaux ou ceux qui bénéficiaient d’une protection au moment de la signature de leur contrat ne sont pas concernés.
Genève internationale redimensionnée
Quoi qu’il en soit, les mesures de 2024 n’ont pas suffi à mettre fin à l’hémorragie. Quant aux licenciements en cours, ils confirment la page tourmentée de l’histoire du CICR. Entre l’urgence de sa présence sur le terrain, à Gaza et en Ukraine notamment, et une situation financière hautement délicate.
Dépendant des contributions qu’il reçoit de certains pays, le CICR subit la baisse de participation de certains États. Mais contrairement aux agences onusiennes, il bénéficie encore du soutien américain, lequel représente environ un quart du budget.
Pour la Genève internationale, l’hémorragie se confirme. Ces pertes de postes au CICR s’ajoutent à celles des agences onusiennes. En juin, une estimation jugée crédible par plusieurs observateurs de la branche chiffrait à 2000 le nombre de licenciements. À ceux-ci s’ajoutent les pertes au sein de l’écosystème d’ONG présentes à Genève.
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