BGL Ligue

Deux minutes de folie et… Dudelange est toujours invaincu

Encore mené 0-2 à la 90e minute, le leader du championnat a arraché un point qui tient du miracle et aussi de la suffisance affichée par Differdange.

Maron N‘Guessan a supplanté Eldin Latik dans les buts de Dudelange. Le gardien s‘est fendu de quelques beaux arrêts. Foto: Christian Palmisano

On pourra épiloguer longtemps pour savoir ce qui a donné à la fin de match de ce choc un aspect surréaliste. La part de relâchement d’un côté, la force de caractère de l’autre. La vérité est sans doute un mélange des deux. Elle ne satisfait qu’une équipe: le F91.

Les changements nous ont fait un bien fou. C’est notre force et c’est encore une remontada.

Charles Morren

Frustré à la pause pour ne pas avoir exploité l’une de ses occasions avec, notamment un Agostinho une première fois signalé hors-jeu avant de se heurter ensuite à la sortie de Felipe Ventura, Dudelange a dû ensuite constater pendant une petite demi-heure que Differdange n’avait rien perdu de son cynisme. A moins que la gestion des temps faibles et des temps forts fasse désormais partie des gènes du champion en titre.

Un numéro d’Artur Abreu

En moins de 20 minutes, les Rouges ont donné l’impression de mettre leur butin bien au chaud dans un coffre-fort sans en donner le code à son adversaire. Plus entreprenant au retour des vestiaires après un premier acte indigent, Differdange fut récompensé par un numéro d’équilibriste d’Artur Abreu sur la gauche, qui s’en est allé battre tout seul un grand Marlon N’Guessan dans un angle fermé (1-0, 52e).

Samir Hadji, Artur Abreu et Rafa Pinto (de gauche à droite) célèbrent le 1-0. Foto: Christian Palmisano

Moins en verve, le F91 ne déposait pas les armes, mais Differdange faisait mal une seconde lorsqu’un centre de Dylan Lempereur était exploité au second poteau par le joker Adham El Idrissi, sans pitié par N’Guessan (2-0, 70e).

Au cœur d’un calendrier un peu dingue, le champion en titre était sur le point d’infliger une première défaite à un concurrent direct à qui il aurait porté un petit coup au moral au passage. C’était sans compter sur deux minutes complètement dingues qui ont vu Théo Brusco se trouer et permettre à Agostinho de rallumer la flamme (2-1, 90e) avant que Dinho, dans la foulée, ne coupe un centre de Tudor Neamtiu pour offrir le point du match nul aux Sang & Or (2-2, 90+2).

«Je ne l’ai pas vu», confessait Théo Brusco en parlant de sa boulette. «C’est comme ça, c’est le foot. Ce n’est pas mérité, mais parfois ça tourne dans notre sens comme à Hostert, parfois dans le sens contraire. On leur a donné le nul.»

Le défenseur dudelangeois Adrien Pianelli saluait la performance des siens: «C’est au caractère! On fait une très bonne première mi-temps mais on n’arrive pas à marquer. On s’éparpille un peu en deuxième avec ces deux buts encaissés, mais on n’a pas perdu le cap. On a eu confiance en nous. On sait l’équipe qu’on a. On sait qu’on a du talent. Que ce soit Differdange en face ne change rien. On savait qu’on pouvait encore arracher le nul. Il est très important, car il nous permet de conserver notre brevet d’invincibilité», poursuivait le numéro 14 visiteur.

Adrien Pianelli et le F91 n‘ont jamais douté malgré deux buts de retard. Foto: Christian Palmisano

Ce match nul n’éclaire pas nécessairement un classement toujours tronqué par les mises à jour en attente. Il a le mérite de situer un peu mieux deux équipes freinées par la coupure internationale, par un tour de Coupe de Luxembourg puis par les pluies diluviennes de mercredi dernier.

Il confirme le message que fait passer Dudelange depuis le début de la compétition. Celui de la perte d’individualités compensée par un état d’esprit à toute épreuve. Il témoigne aussi du double visage présenté par Differdange plusieurs semaines et déjà aperçu sur la scène européenne.

Dudelange passe son second test

Le projet de jeu n’est pas dingue, mais la force de l’habitude semblait devoir protéger le champion en titre d’une telle sortie de route. «C’est comme une défaite», soulignait Ludovic Rauch. «Je ne vais pas dire qu’on est victime d’un relâchement dans nos têtes, mais on pensait le gagner ce match. On prend deux buts coup sur coup qui nous font mal. Il y a trois matchs qui arrivent rapidement en moins de deux semaines. A nous de relever la tête et de montrer dès mercredi que ça ne nous atteint pas. On n’a pas perdu grand-chose sur le plan comptable, mais ce nul a le goût d‘une défaite.»

Kevin D‘Anzico tente de museler Agostinho. L‘attaquant dudelangeois a fait mal à la défense locale. Foto: Christian Palmisano

Differdange peut même se dire qu’il est en tête du championnat s‘il gagne ses deux matchs en retard, mais c’est surtout Dudelange qui jubile parce qu’il vient de passer son second test grandeur nature avec succès après sa première victoire contre Niederkorn.

Les Sang & Or, qui ont souvent pris l’habitude de faire le nécessaire dans des rencontres dites plus abordables, peuvent aussi compter sur un banc qui a du ressort. Neamtiu en est sorti pour donner la passe décisive sur le second but et Dinho est lui aussi entré pour le marquer.

Au-delà de la force morale, les ressources humaines font du bien à l’outsider de cette compétition. «Les changements nous ont fait un bien fou. C’est notre force et c’est encore une remontada. C’est un super point ici et on n’a toujours pas perdu. Il nous reste à soigner la manière sur la longueur», ponctuait Charles Morren.

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