Annoncée depuis plusieurs semaines, la mobilisation du 10 septembre a pris corps à Villefranche, où le rond-point du Mas de Souyri s’est mué en quartier général et en point de ralliement. C’est là que convergent celles et ceux qui refusent la politique gouvernementale et les coupes budgétaires jugées insoutenables.
Hétéroclite, le rassemblement réunit aussi bien des figures familières de l’ultra-gauche que des salariés ordinaires, lassés des sacrifices répétés qu’on leur impose. Parmi eux, Juliane, aide-soignante en maison de retraite. Le regard ferme, elle ne craint pas de livrer son témoignage. Avec ses 1 700 euros mensuels, elle estime payer un lourd tribut pour un travail éprouvant.
« Je travaille, je paie des impôts, et l’on m’explique encore qu’il faudra consentir à de nouveaux efforts… alors que les ultra-riches ne sont taxés qu’à 2 %. J’en ai ras-le-bol, et je suis venue le dire. Il faut que cela change », lâche-t-elle avec une colère contenue.
À ses côtés, quelques Villefranchois distribuent des tracts aux automobilistes. Les ralentissements sont brefs, et les klaxons, souvent complices, ponctuent la matinée d’un élan de soutien sonore. Sur le rond-point, des chants révolutionnaires s’élèvent d’une sono grésillante. Un drapeau palestinien flotte au vent, signe d’un engagement politique qui ne fait pas l’unanimité parmi les participants.
Car beaucoup, ici, revendiquent leur défiance vis-à-vis du jeu partisan. « Nous, on se fout de la politique. Bien sûr que tout est politique, mais nous avons cessé de croire aux partis et à leurs représentants. C’est aux citoyens de reprendre la main et de forcer le changement », confie un manifestant, reprenant l’écho d’une désillusion largement partagée.
Pour l’heure, le calme domine. Les forces de l’ordre, postées à distance, veillent. Elles surveillent les barrages filtrants, s’assurant qu’ils ne débordent pas, que la circulation reste possible et que l’ordre public n’est pas menacé. Mais sous cette apparente sérénité, une impatience sourde circule parmi les manifestants — celle d’un peuple qui ne veut plus subir en silence.
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