Épisode 1/7 - En lecture
Abonné
Épisode 2/7
Abonné
Épisode 3/7
Abonné
Épisode 4/7
Abonné
Épisode 5/7
Abonné
Épisode 6/7
Abonné
Épisode 7/7
Abonné
Sartre dans un Airbnb : « Ce vase, en tant qu’il ne m’appartient pas, m’oppresse »
Cet été, notre chroniqueur David Caviglioli imagine les grands penseurs en vacances. Premier épisode avec le philosophe des « Mots », et son séjour mouvementé dans la maison de plage d’une certaine Lucie…
Abonné
« Les grands penseurs en vacances », une série du « Nouvel Obs » : épisode 1, Jean-Paul Sartre. PHOTOMONTAGE ULF ANDERSEN/AURIMAGES/CHUTTERSNAP/UNSPLASH
Vous voulez participer au débat ?
S’abonner permet de commenter les articles. Et pas que : vous pouvez les consulter et les offrir à vos proches.
L’homme est condamné à être libre ; condamné parce qu’il ne s’est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu’une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu’il fait. Dans le salon de cette maison de plage louée à une certaine Lucie, je regarde un vase en céramique, posé sur un buffet. Ce vase, en tant qu’il ne m’appartient pas, m’oppresse. Son existence devient la limite même de ma liberté, alors je le saisis dans mes mains et je le brise au sol, puis j’urine contre le mur. J’envoie immédiatement une photo de mon méfait à Lucie, accompagnée de ce commentaire : « Chaque personne est un choix absolu de lui-même. »
Lucie me répond : « ??? »
Puis : « Vous êtes malade qu’est-ce que vous foutez ??? »
Je comprends alors que je hais Lucie. Je ne la connais pas, mais je la hais. La haine d’un seul est haine de tous-les-autres-en-un-seul. Je lui écris : « Je vous hais chère Lucie. » Mon téléphone se met immédiatement à…
Article réservé aux abonnés.
Se connecterOffre d’été :
1€/mois pendant 6 mois