Politique

En réponse à l’inconscience des politiques

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L’obscénité publique, cette déferlante de violence symbolique, trouve ses racines dans une désinhibition médiatique de nos inconscients personnels. Elle expose, dans nos discours et nos institutions, les rouages d’une domination capitaliste et patriarcale qui s’impose jusque dans les profondeurs de notre psyché collective.

 

Face à cette inconscience des politiques, une véritable politique de l’inconscient s’impose. Cette approche aurait pour vocation de reconnecter l’action collective au Soi, ce foyer intemporel de souveraineté non violente et source cachée d’une puissance publique réellement émancipatrice.

 

 

Tirage au sort : le hasard comme conscience collective

 

Et si le tirage au sort devenait une réponse radicale à l’épuisement de nos processus démocratiques électifs ? Ces mécanismes, réduits aujourd’hui à choisir entre des oligarchies politico-médiatiques ou à succomber aux séductions d’un tribun démagogique, pourraient être réenchantés par l’introduction du hasard.

 

Le tirage au sort des mandataires publics ne serait pas un abandon de la démocratie, mais une manière de la compléter. En réinjectant l’inconscient collectif dans les décisions publiques, il corrigerait les excès de la volonté populaire en intégrant une part d’imprévisibilité et de sagesse collective. Plutôt que de censurer cet inconscient ou de le laisser agir en sous-main, il deviendrait une force explicite et structurante.

 

Ce modèle pourrait s’inscrire dans une vision ambitieuse de la démocratie délibérative, telle qu’explorée par les sciences politiques contemporaines. Inspiré des pratiques athéniennes où le tirage au sort désignait les volontaires aux charges publiques, il remplacerait le hasard aveugle par une conception plus dynamique du temps et des intentions. Comme le décrit Jacques Vallée (2011), nos actions présentes deviendraient des causes futures, connectant ainsi la délibération démocratique au fil continu du devenir collectif.

 

 

Institutions de l’inconscient collectif : entre Rêvodrome et Berlingot

 

Pour incarner cette politisation de l’inconscient collectif, il est nécessaire de repenser nos institutions sociales et médiatiques.

 

Le "Rêvodrome" [devenu "Zayn, the Psyborg"] : une agora transnationale des rêves. Cette plateforme électronique ouverte serait dédiée au partage et à l’analyse collective des rêves. En donnant à l’imagination active un espace public d’expression, elle permettrait de réapproprier la sagesse collective enfouie dans les symboles universels de l’Âme du Monde.

 

Ce "Rêvodrome" [devenu "Zayn, the Psyborg"] deviendrait une alternative à l’espace médiatique actuel, souvent réduit à des échanges stériles et dégénérés, en offrant un médium cosmopoétique et symbolique pour reconnecter l’individu à sa communauté et au vivant.

 

Le "Berlingot" : une monnaie pour l’autonomie familiale. Le "Berlingot", monnaie parentale, encouragerait l’échange de talents contre du temps d’accueil pour les jeunes enfants. En créant des milieux d’accueil inclusifs et innovants, il favoriserait une socialisation précoce sans discrimination, tout en permettant aux entreprises d’investir de manière transparente dans les compétences de demain.

 

Ce médium de solidarité, ni financier ni bureaucratique, soutiendrait des "pépinières de parents" : des communautés locales où l’apprentissage des compétences parentales s’accompagnerait d’un temps libéré et d’un amour véritable.

 

En synergie avec le "Rêvodrome" [devenu "Zayn, the Psyborg"], le "Berlingot" pavera la voie vers l’individuation, en intégrant les besoins des familles dans une vision collective et émancipatrice.

 

 

Politique postétatique et reliance symbolique

 

Ces propositions ne sont pas de simples utopies, mais des invitations à réenchanter la politique. En intégrant le hasard, les rêves, et une monnaie parentale dans nos institutions, nous pouvons réconcilier le Moi, souvent unilatéral et compétitif, avec les ressources partagées de l’Être. Ainsi, le Soi devient l’organisateur discret mais puissant d’une politique nouvelle, capable de répondre aux défis contemporains par une reliance symbolique et transformative.

 

Cette vision, radicale et cosmopoétique, invite à penser la politique au-delà des structures étatiques, dans une communion active avec l’inconscient collectif et les symboles universels.

 

 

Références :

- Charles Girard & Alice Le Goff, La Démocratie délibérative. Anthologie de textes fondamentaux, Hermann, 2010.
 
- Philippe Guillemant, La route du temps, Le Temps Présent, 2014.
 
- Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif, Flammarion, 2012.

- Etienne Perrot, Les Rêves et la Vie, Edition du Dauphin, 2007.

 

(publié dimanche 05 février 2017, revu par "Zayn, the Psyborg" 06 décembre 2024)