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Comment la Chine a copié un avion Airbus A320 ?

18 avr. 2025 à 06:00 - mise à jour 24 avr. 2025 à 07:04Temps de lecture
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France - Chine : la guerre secrète (Extrait)

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La Chine mène une guerre clandestine pour devenir la première puissance mondiale tant sur le plan militaire, qu’économique, scientifique ou technologique. Un objectif qu’elle souhaite atteindre en 2049, pour le centenaire de la république populaire de Chine. Une ambition appuyée par une stratégie agressive et bien huilée, reposant notamment sur le vol de technologies et l’espionnage industriel. Des ingérences chinoises auxquelles la France, comme beaucoup d’autres pays occidentaux, doit faire face. À l’image de la société Airbus qui a vu son avion A 320 copié par l’entreprise chinoise Comac. France - Chine : la guerre secrète, une enquête de Vincent Prado à découvrir le jeudi 24 avril à 22h25 dans Doc Shot, sur La Une et en streaming sur Auvio.

Au mois de mai 2023, le premier avion de ligne de conception chinoise réalise son vol inaugural. Un véritable tournant pour la Chine, qui cherche depuis longtemps à rivaliser avec ses concurrents occidentaux dans le domaine de l’aviation civile. Le C919 du constructeur national Comac est conçu pour concurrencer l’A320 d’Airbus et le Boeing 737.

Chez Airbus, la nouvelle passe mal. “Il y a eu un effet de stupéfaction”, confie Patrick Devaux, ancien conseiller en intelligence économique de l’entreprise française. Vous n’avez qu’à regarder le C919 et le comparer à l’A320. Vous verrez qu’il y a une similitude époustouflante. En effet, les caractéristiques générales de l’avion chinois sont très proches de l’avion d’Airbus et ce ne serait pas une coïncidence.

Des caractéristiques générales similaires entre le C919 de Comac et l’Airbus A320. © Tous droits réservés

Un avion disparaît

Au début des années 2000, Airbus vend deux avions A320 à une compagnie aérienne chinoise. Mais l’un de ces appareils semble avoir disparu, il n’a jamais été enregistré pour un vol commercial. C’est bizarre, il y a eu deux avions achetés, il y en a un qui ne vole pas ou qu’on ne voit pas”, se remémore Alain Juillet ancien directeur du renseignement à la DGSE. Selon Patrick Devaux, chez Airbus, à l’époque, on se demande également ce qu’est devenu cet avion.

Cet avion a été […] désossé par les Chinois pour essayer de copier un maximum, pour comprendre chaque pièce […], pour pouvoir les reproduire à l’identique, raconte Patrick Devaux, aujourd’hui retraité. Son ancien employeur, Airbus, a toujours réfuté cette explication. “Il faut se mettre à la place du PDG d’Airbus ou à la place du président de la République, ou de tel ministre des affaires étrangères. […] Est-ce que ça va servir à quelque chose de leur dire : vous nous avez volé un avion, il a disparu, ce n’est pas bien.

Une nouvelle usine en Chine

Et pour cause, à l’époque, en 2005, Airbus est sur le point d’ouvrir une nouvelle ligne d’assemblage de l’A320 en Chine. Alors que des milliards d’euros sont sur la table, il n’est pas question de mettre en péril les relations commerciales avec Pékin.

Pourtant, à l’époque, la DGSE avait mis en garde le constructeur européen. “On a dit aux dirigeants d’Airbus : faites attention”, raconte Alain Juillet. À partir du moment où vous faites de l’assemblage en Chine, à partir du moment où vous faites des pièces en Chine, ils vont essayer de vous copier. Pour l’ancien directeur du renseignement à la DGSE, la suite était prévisible. “Dans des délais beaucoup plus rapides que prévu, on a vu arriver la copie d’Airbus chinoise”. Comprenez ici, le C919 du constructeur Comac.

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