Georges Canguilhem est plusieurs fois revenu sur la question du rapport entre normal et pathologique. Cette question est l’objet de sa thèse de médecine, soutenue en 1943. La même année, un cours de philosophie enseigné à des étudiants de la faculté des lettres de l’Université de Strasbourg, réfugiée à Clermont-Ferrand, s’intitule « Les normes et le normal ». Ensuite, on trouve un article intitulé de nouveau « Le normal et le pathologique » dans le volume intitulé La Connaissance de la vie, paru chez Hachette en 1952 ; le même livre connaîtra en 1965 une seconde édition « revue et augmentée » comprenant l’addition d’un article sur « la monstruosité et le monstrueux » qui concerne de biais notre thème. Lorsque les Presses Universitaires de France proposent à Canguilhem, devenu professeur à la Sorbonne, de publier un livre qui reprendrait le sujet de sa thèse de médecine, il revient à la question dans un cours professé à la Sorbonne en 1962-1963. Le livre paraît pour la première fois en 1966 dans la collection « Galien », intitulé Le Normal et le pathologique, où l’auteur explique qu’il a choisi de reproduire le texte original de la thèse, auquel il ajoute de « nouvelles réflexions ». Enfin, l’ouvrage intitulé Idéologie et rationalité dans l’histoire des sciences de la vie (2019a [1977]), comporte un dernier petit chapitre intitulé « La question de la normalité dans l’histoire de la pensée biologique » qui confirme que, même s’il n’a pas eu le loisir de publier le grand ouvrage sur l…