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UN JOUR AVEC... Un agriculteur à 33 kilomètres des tours de Notre-Dame

Par MARIE-CHRISTINE ROBERT.

Publié le 31 octobre 1978 à 00h00, modifié le 31 octobre 1978 à 00h00

Temps de Lecture 3 min.

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Il y a en Île-de-France onze mille huit cents agriculteurs ; on en comptait quatorze mille cent en 1970. La ville avance, gagne sur les terres. Parmi eux, un agriculteur de la banlieue parisienne : comment vit-il, comment voit-il l'avenir ?

Dans l'étendue infiniment plate de la Brie, au milieu de 260 hectares de blé et de mais, voici les bâtiments coiffés de rouge de la ferme des Corbins. Nous sommes à Montevrain, en Seine-et-Marne, à 4 kilomètres de Lagny, ville-champignon, et aux portes de Marne-la-Vallée, la ville nouvelle.

Étrange pari que de cultiver la terre à 33 kilomètres des tours de Notre-Dame ; mais si les Butet sont ici, c'est parce qu'avant eux leur grand-père y était avec ses trente chevaux de trait et ses trente-cinq ouvriers. Les temps ont changé ; les agriculteurs aux Corbins, comme ailleurs, restent dans l'incertitude. " Pendant trois cent quarante jours par an nous investissons, affirme M. Michel Butet, l'un des " fils de la maison ". Il faut payer la location des terres, les cinq ouvriers agricoles, les engrais, les machines pour ne récolter que durant vingt jours ; comme le disait l'un de mes professeurs de comptabilité : " L'agriculteur vit " pauvre pour mourir riche. "

La profession a changé. Les vaches, par exemple, sont en voie de disparition en Île-de-France faute de personnel : " Lorsque je suis rentré de mon service militaire, affirme Michel Butet, j'ai voulu " faire du lait ". J'ai acheté des trayeuses, trouvé des débouchés puisque je vendais ma production à l'hôpital de Lagny, mais il devenait de plus en plus difficile de trouver un vacher pour m'aider. J'ai donc abandonné comme bon nombre de fermiers des environs. "

Aujourd'hui, il n'y a plus aux Corbins que trente vaches, des " reproductrices " et autant de moutons. Autre évolution : les ouvriers agricoles, qui se sont raréfiés avec la mécanisation, sont devenus ouvriers spécialisés : les conducteurs de tracteur, par exemple, ont la responsabilité de machines qui coûtent plus de 110 000 F.

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