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AboMort au poste de police de Lausanne
«Michael était le principal soutien de sa famille au Nigeria»

Manifestation devant l’hôtel de Police municipale de Saint-Martin à Lausanne, avec des personnes rassemblées et une banderole accrochée à l’entrée.
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En bref:
  • L’avocat nigérian de la famille de la victime exige justice.
  • La victime soutenait financièrement sa femme, ses deux jeunes enfants et ses frères et sœurs.
  • Sa veuve demande une compensation.
  • Il n’y a toujours pas de résultats de l’autopsie.

Le décès d’un Nigérian dans les locaux de la police de Lausanne, le dimanche 25 mai dernier, a des échos dans le pays d’origine de la victime: le Nigeria. Sa famille a mandaté un avocat à Abuja, la capitale. Dans un communiqué de presse, ce dernier déclare avoir entamé une procédure de justice par voie diplomatique et juridique.

«M. Ekemezie vivait en Suisse depuis plus de dix ans, travaillant dur, comme beaucoup d’autres, pour une vie meilleure», explique l’avocat. Il précise que la victime, âgée de 39 ans et qui venait de l’État d’Anambra dans le sud-est du Nigeria, était née en avril 1986. «Il était le principal soutien financier de sa famille. Il laisse une femme jeune, deux enfants – un garçon de 2 ans et une fille de 3 mois –, quatre frères et trois sœurs. Tous dépendaient de lui.»

Sa veuve demande une compensation

«La dernière fois que je lui ai parlé, c’était samedi soir», a témoigné sa femme Princess à la RTS. Elle ajoute que son mari devait lui envoyer de l’argent lundi. «Je veux savoir ce qui l’a tué. Je demande justice pour lui, et je veux une compensation, parce que je suis une mère à plein temps.» Selon ses connaissances, il faisait des petits boulots au noir. Il vivait entre la Suisse et le Nigeria. Le Sleep-In à Renens, où Michael dormait et mangeait parfois, lance un appel aux dons pour pouvoir aider la famille à rapatrier le corps au Nigeria.

Un homme souriant avec une chemise blanche à rayures rouges et bleues, en extérieur, avec des arbres et des maisons en arrière-plan.

L’avocat de la victime déclare avoir soumis une pétition «ferme» à l’ambassade de Suisse au Nigeria, exigeant l’identification, l’arrestation et la poursuite immédiates des agents impliqués dans «cet acte odieux». Un décès qu’il n’hésite pas à comparer à la mort de George Floyd aux États-Unis, survenue cinq ans plus tôt, jour pour jour. Pour rappel, George Floyd était décédé des suites d’un plaquage ventral lors d’un contrôle de police à Minneapolis. «Malheureusement, l’histoire s’est répétée.» L’avocat demande également «une compensation appropriée» pour sa famille.

La victime était-elle déjà connue des services de justice? Où en est son autopsie? «Les questions que vous posez font actuellement l’objet d’investigations. Le Ministère public n’est par conséquent pas en mesure d’y répondre», répond le procureur général du canton de Vaud, Eric Kaltenrieder.

Le trouble autour de son décès

Michael Ekemezie est décédé le dimanche 25 mai dernier, peu avant 22 h, à l’Hôtel de police de Lausanne, où il avait été conduit pour être auditionné. Une heure plus tôt, il avait été contrôlé dans le secteur de la gare par la police, son comportement laissant penser à une activité liée au trafic de stupéfiants. L’homme avait tenté de prendre la fuite et avait dû être maîtrisé. Sur une vidéo amateur tournée par un voisin, on voit un policier tentant de lui passer les menottes alors qu’il est couché sur le ventre. «Il ne cessait de répéter: «Je me sens mal, je me sens mal», a raconté un témoin de la scène.

Les policiers impliqués dans cette affaire n’ont pas été suspendus. Le Ministère public vaudois a annoncé qu’ils étaient prévenus pour des faits susceptibles d’être constitutifs d’homicide par négligence, et cela depuis le début de l’instruction.

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