La pauvreté explose au Tessin
Au sud des Alpes, les salaires inférieurs et le coût de la vie similaire au reste du pays font progresser la précarité. Les familles monoparentales, ainsi que les aînés, sont particulièrement à risque
Vêtu d'une tunique brune à capuchon de capucin, Frère Martino Dotta nous accueille dans son tout petit bureau de la Casa Martini, un centre de premier accueil à Locarno. Ici, on peut manger un repas chaud équilibré pour 5 francs, prendre une douche, nettoyer ses habits, recevoir des vêtements propres et même passer la nuit. «On sent que la situation sociale se complique, le nombre de personnes qui ont des difficultés, malgré les aides publiques, croît sans cesse. On l’observe tant ici qu’à notre centre Bethlehem, à Lugano», relève-t-il.
L’institution donne aussi un coup de main financier à qui en a besoin. «Il y a tous les cas de figure; des gens qui n’ont pas payé le loyer depuis trois mois et qui craignent d’être expulsés. D’autres qui remettent à plus tard des interventions médicales urgentes ou qui n’ont pas l’argent nécessaire pour les funérailles d’un proche…», détaille l’homme de foi, qui s’attend encore à une augmentation des demandes en 2024.