Laurence de Charette : «La souffrance, angle mort du projet de loi sur l’euthanasie»
LE BLOC-NOTES - En cas de blocage de la proposition de loi à l’Assemblée nationale, le président de République a promis un référendum sur l’« aide à mourir ». L’occasion de noter que la question de la souffrance n’est pas un fondement de ce texte, mais un simple argument.
Plus le débat sur l’euthanasie et le suicide assisté avance, plus apparaît au jour le malentendu qui l’habite. On s’étonne, depuis des mois, de la torsion des mots que semble nécessiter son énoncé ; de cette « aide à mourir » - c’est ainsi qu’elle a été officiellement baptisée par l’Élysée - d’une remarquable ambiguïté, dont on ne sait bien qui, du mourant ou de la mort, est son véritable objet.
Il a bien fallu constater - trop tard - le rapt du mot « dignité » : on pensait que le propre de la civilisation, l’essence même de l’humanité, c’est qu’elle était donnée à tous, et dans le monde entier, du début à la fin de l’existence, sans aucune autre condition que celle d’être né. La vie était un don, la dignité son dû, jusqu’à ce que le XXIe siècle invente une nouvelle forme d’asservissement : la tyrannie de l’efficience.
Il faudrait désormais, nous dit-on, craindre de perdre, avec la santé - et comme si cela n’était déjà pas assez - une néo-« dignité » qui voudrait…
écusette de noireuil
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Les Français n'ont pas peur de mourir, ils ont peur de souffrir… Le vrai scandale, c'est que 50% des Français n'ont pas accès aux soins palliatifs, c'est-à-dire la mort sans souffrance.
SYRIO
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S'agissant d'euthanasie, difficile de voire la question en effet autrement que sous un angle mort !
Anne-Louise
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Oui, les soins palliatifs coûtent cher. Oui la vieillesse, la maladie, la souffrance sont difficiles à supporter pour la société qui juge indigne la prolongation des soins. L'Aide à mourir devient aujourd'hui nécessaire. C'est ce constat qui justifie pour nos députés une mort "digne" càd qui épargne à la société de l'argent et un spectacle insupportable. Disparaissez dans la dignité. Combien après le vote de cette loi vont se sentir indignes de survivre ?????