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« Lettres satiriques & Mazarinades » : le si baroque Cyrano

Savinien de Cyrano, dit « de Bergerac » (1619-1655), était un écrivain bien de son temps, tout en circonvolutions et impertinences. Une réédition l’atteste.

Par  (Collaborateur du « Monde des livres »)

Publié hier à 14h00

Temps de Lecture 3 min.

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Cyrano de Bergerac, gravure du XIXᵉ siècle.

« Lettres satiriques & Mazarinades », de Cyrano de Bergerac, préface de Pierre Senges, Vagabonde, 246 p., 18 €, numérique 14 €.

Le nez de Cyrano n’a cessé de grandir. Sa légende aussi. Depuis la pièce d’Edmond Rostand, en 1897, le pif est devenu pic (cap, péninsule…). L’écrivain réel du XVIIe siècle, Savinien de Cyrano, dit de Bergerac (1619-1655), s’est mué en personnage. La copie a si largement remplacé l’original que le Cyrano de Rostand est devenu comme le body snatcher (« voleur de corps ») du véritable Cyrano, à l’instar des extraterrestres qui s’emparent des corps des habitants d’une petite ville dans le film de Don Siegel (L’Invasion des profanateurs de sépultures, 1956).

Et pourtant… La lecture de la réédition des Lettres satiriques & Mazarinades reconfigure cette manière de considérer l’héritage de Cyrano de Bergerac. En revoyant émerger des tournures de phrases qui ont déteint sur les vers de Rostand, ou en prenant la mesure de la joyeuse impertinence de cet écrivain, sur laquelle repose l’aura du personnage de la pièce, il apparaît comme plus juste de se dire que c’est bien lui, l’original, qui continue de ventriloquer les imitations qu’il a pu inspirer. Sur le manège de la postérité littéraire, le vrai Cyrano semble tour à tour chevaucheur et chevauché.

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