Kant veut une paix perpétuelle, relevant d’un « pacte de paix » (foedus pacificum), non d’un simple « traité de paix » (pactum pacis) provisoire, et universelle entre tous les États de la Terre et entre tous les citoyens du monde ou citoyens cosmopolites (Weltbürger), sans que ceux-ci soient pour autant citoyens d’un unique État mondial. Il ne veut pas d’une paix entre quelques États seulement, par exemple à l’échelle d’un continent (l’Europe, l’Amérique du Nord), comme l’ont fait ses prédécesseurs l’abbé de Saint-Pierre et Rousseau. Kant se demande quelle organisation juridico-politique internationale favorisera l’avènement de la paix perpétuelle et universelle, but final de l’histoire humaine, que la raison pure pratique nous assigne comme devoir moral et que la Nature, sage Providence, travaille à réaliser en partie sans nous. C’est donc à l’occasion du problème de la paix qu’il cherche quelle forme donner au droit international (droit des gens, jus gentium, droit public externe des États, Völkerrecht réglant les relations entre États) et au droit cosmopolitique, qui en est le couronnement et qui doit garantir la paix entre tous les États de la Terre et régler les relations, non des citoyens entre eux, non des États entre eux, mais des citoyens avec les autres États.
Kant élimine d’abord la non-solution qui consiste à réaliser la paix par un super-État universel ou monarchie despotique mondiale. Puis il envisage deux autres solutions. La première, maximale, idéale, mais irréalisable, voire non souhaitable, consiste à réaliser la paix par une « république mondiale » …