Six destinations sont menacées : est-ce que Ryanair peut quitter l'aéroport de Perpignan ?

Mauvaise nouvelle en vue pour l'aéroport de Perpignan ? La compagnie Ryanair pourrait quitter plusieurs aéroports français suite à la hausse d'une taxe sur les billets d'avion.

Coup de tonnerre : Ryanair va mettre sa menace à exécution et devrait quitter plusieurs aéroports français, dont Perpignan.
Ryanair a annoncé son départ d’un premier aéroport français ces derniers jours. D’autres seraient menacés, dont l’aéroport de Perpignan (©Illustration/Adobestock)

C’est un coup de massue qui pourrait bien s’abattre sur l’aéroport de Perpignan en 2025. Ryanair va-t-il quitter les Pyrénées-Orientales au cours de l’année ? C’est en tout cas ce qu’ont annoncé les élus du Département de la Marne, qui ont révélé le départ de la compagnie irlandaise de l’aéroport de Vatry, ces derniers jours, comme le rapporte l’Union.

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Suite à l’augmentation de la Taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) décidée par la France, Ryanair met sa menace à exécution et a décidé de réduire de moitié son activité dans l’Hexagone. Plusieurs aéroports régionaux, dont Perpignan, pourraient en subir les conséquences. La Région Occitanie assure que ce n’est pas d’actualité.

Ryanair menace toujours de quitter Perpignan

Comme Actu Perpignan vous l’expliquait à l’automne dernier, Ryanair a menacé le gouvernement de quitter une dizaine d’aéroports français, en réponse au projet d’augmentation de la TSBA. Inclue dans le budget 2025, cette hausse est bien entrée en vigueur le 1er mars. Et la réponse de la compagnie low-cost ne s’est pas faite attendre.

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Dans un courrier adressé à l’aéroport de Vatry (Marne), Ryanair annonce la fin des deux lignes qu’elle opérait au sein de ce tarmac de province, désormais amputé de 85% de ses passagers. Un coup de tonnerre que pourraient également connaître les aéroports de Limoges, Carcassonne et Perpignan, toujours selon les élus marnais.

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« L’augmentation des taxes en France (+180 % sur les lignes européennes, +100% sur les lignes hors UE) portera les taxes passagers françaises à des niveaux intenables, ce qui entraînera inévitablement des réductions de capacité », déplore Ryanair, qui poursuit :

Cela s'applique particulièrement aux aéroports régionaux où Ryanair continue de proposer des tarifs fortement réduits afin de stimuler la demande. Par conséquent, Ryanair a été contrainte de revoir sa capacité française avant l'été et l'hiver 2025.

Ryanair

Six destinations menacées

Joint par notre rédaction, l’aéroport de Perpignan indique qu’il n’a pas plus d’informations et ne confirme pas encore le départ de Ryanair. Pour le moment, les voyageurs de Perpignan ont d’ailleurs toujours la possibilité d’acheter des billets sur le site de la compagnie, bien que six destinations se retrouvent désormais plus que jamais menacées.

La Région Occitanie dément

De son côté, la Région Occitanie assure que "ce n’est pas du tout à l’ordre du jour". "Aucune information n’est venue de Ryanair en ce sens", insiste la Région, à propos d'un possible départ de Ryanair de l'aéroport de Perpignan.

En effet, Ryanair dessert 6 des 11 destinations de l’aéroport de Perpignan : Agadir et Marrakech (Maroc), Bruxelles-Charleroi (Belgique), Leeds-Bradford, Londres-Stansted et Birmingham (Angleterre). Si le scénario catastrophe se confirme, il ne retesterait plus que deux destinations étrangères au départ de La Llabanère : Oran (Algérie) avec ASL Airlines et Dublin (Irlande) avec Aer Lingus.

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Du côté de Ryanair, « nos activités dans les aéroports français vont être transférées dans des aéroports concurrents dans des pays moins chers », précise la compagnie low-cost dans son courrier. Cette dernière a la possibilité de faire de même à Perpignan, en transférant les destinations à l’aéroport de Gérone (Espagne), à seulement 1h de route.

« Il faut que l’État pèse bien les conséquences de cette taxe »

Il y a quelques mois, Christophe Manas, président de la société publique locale aéroportuaire régionale regrettait déjà cette décision de Ryanair. « La Région est là pour proposer des aéroports fonctionnels, sécurisés et qui répondent aux normes. Mais ensuite, le trafic, ce sont ces compagnies privées qui l’orientent et le décident en fonction de leur cahier des charges. C’est bien là le fond du problème », déclarait-il.

« Nous sommes tributaires de ces compagnies qui gèrent leur propre équilibre budgétaire. Nous restons vigilants et dépendants de la situation. Il faut que l’État pèse bien les conséquences de cette taxe : tout ce qu’il pourrait récupérer, mais aussi perdre », prévenait Christophe Manas.

L’aéroport de Perpignan pourrait en effet perdre beaucoup, bien que, et fort heureusement, l’essentiel du trafic de La Llabanère est généré par la liaison quotidienne avec Paris, opérée par Transavia.

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