La reconnaissance faciale, posturale et comportementale prend chaque jour une place plus importante dans notre environnement numérique. Elle s’invite désormais dans les sphères privée et publique, sans que nous en ayons toujours conscience, mais aussi sans que nous prenions le temps d’en comprendre précisément les significations. Il paraît essentiel d’expliciter ce que ces technologies désignent et recouvrent avant d’aborder les questionnements éthiques que suscite leur déploiement.
Dans un premier temps, précisons donc ce que l’on entend par reconnaissance faciale, posturale et comportementale en rappelant le sens de chacun des quatre mots pleins de cet intitulé.Apparu très anciennement dans la langue française, le terme de « reconnaissance » s’emploie dans de nombreux contextes en des sens différents. Ainsi, la reconnaissance pour un militaire qui explore un territoire ennemi afin de recueillir des renseignements n’est pas la reconnaissance, entendue sur le plan juridique, de la paternité ou de la maternité d’un enfant naturel, ni a fortiori la reconnaissance politique d’un État. Sur le plan philosophique, on distingue classiquement au moins trois sens. Pour le premier, re-connaître quelqu’un signifie que l’on réalise qu’on le connaît déjà. Au deuxième sens, se reconnaître soi-même consiste à reconnaître la portée de ses actes et donc à en assumer, individuellement, la responsabilité ; c’est l’origine de l’éthique. Enfin, au troisième sens, reconnaître une personne consiste à lui attribuer du mérite, de la valeur, du respect, autrement dit à la distinguer…