Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

AboRisques «concrets» de faillite
Faute d’argent, le Vevey-Sports ne peut plus payer ses joueurs

Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.
BotTalk
En bref:
  • Cyril Cornu souligne la situation financière critique du Vevey-Sports.
  • Des joueurs quittent le club faute de rémunération adéquate depuis janvier.
  • Le modèle de financement précédent, basé sur deux entités, a échoué.
  • Un investisseur mystérieux a soutenu le club mais a cessé d’aider.

C’était il y a huit mois à peine. Au terme d’une folle soirée, le stade de Copet s’embrasait de joie autour de son équipe: le Vevey-Sports venait de décrocher son ticket pour entrer en Promotion League, la troisième division helvétique. Si aujourd’hui les étincelles de ce 8 juin 2024 brillent encore dans de nombreux esprits, l’heure n’est plus à la fête dans les vestiaires et parmi les responsables. De loin pas.

Et pour cause, la situation financière du club de la Riviera est des plus précaires. Depuis début janvier, les footballeurs de la première équipe – pour la plupart des semi-professionnels – n’ont pas reçu de salaires. «La situation est critique», estime l’un des rares joueurs ayant accepté de témoigner anonymement. «Les dirigeants nous ont dit qu’ils ne savaient pas quand ils pourraient nous payer. Et qu’ils laisseraient partir ailleurs tous ceux qui n’auraient pas de patience et seraient sollicités par d’autres clubs.»

Priorités établies

Une séance de crise réunissant la première équipe et le staff a eu lieu le 13 février. «Je leur ai dit que je ne pouvais pas leur fournir de réponse au niveau des salaires», confirme Cyril Cornu, qui a repris la présidence du Vevey-Sports en septembre après le départ de William von Stockalper. Selon le nouveau dirigeant, tous les membres du staff, à l’exception d’un seul, ont été rémunérés en ce début d’année. «Nous avons mis la priorité sur les personnes qui dépendent de ça pour vivre.»

Pour ce qui est des joueurs – dont l’activité sur le terrain représente un gain annexe –, liberté leur a en effet été donnée d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte. «Humainement, il n’était pas possible de leur demander de rester à Vevey sans savoir de quoi demain serait fait», reprend le président. Une situation incertaine qui, selon lui, a déjà pu peser dans la décision de certains de raccrocher le maillot jaune et bleu. Ces derniers jours lors du mercato, les départs d’Alexis Charveys, milieu de terrain vedette, Higor Kolua et Sinclair Baddy Dega ont été annoncés.

Comment le club veveysan, qui a brillé sur le terrain ces derniers mois, en est-il arrivé là financièrement? S’il ne souhaite pas entrer dans les détails de la gestion de son prédécesseur, Cyril Cornu évoque le système qui prévalait jusqu’alors, fondé sur deux entités. À savoir: l’association, qui chapeaute le club, et une société anonyme chargée d’assurer le financement de la première équipe. Toutes deux étaient dirigées par William von Stockalper. «Le fait qu’il y ait eu un système de vases communicants entre les deux a posé problème», indique le nouveau président.

«Protéger financièrement le club»

Toujours administrée par William von Stockalper, cette SA a été mise hors-jeu au moment du passage de flambeau. «Il y avait possibilité de la garder active sous certaines conditions, explique l’ancien président, mais il n’y a pas eu de terrain d’entente, et ceci reste ma décision.» Désormais «sans utilité», elle va bientôt être liquidée, précise celui qui a été durant douze ans à la tête du club. Et qui, au passage, estime que ce système de vases communicants est «un système commun». «Cela demande évidemment une tenue stricte des comptes, ce qui a toujours été le cas.» Et d’ajouter: «N’oublions pas que c’est cette SA qui a contribué durant des années à faire vivre et grandir le club.»

«Si le nouveau comité du Vevey-Sports n’a pas voulu travailler avec cette SA, c’est avant tout pour protéger le club financièrement», réagit de son côté Cyril Cornu, qui ne souhaite pas en dire plus à ce stade. «La situation était déjà explosive quand nous sommes arrivés, l’objectif est que ça n’explose pas partout. Et si je fais preuve de calme et de retenue dans mes propos aujourd’hui, c’est que l’enjeu n’est pas lié aux personnalités d’un ancien et d’un nouveau président, mais à la pratique de ce sport dans l’ensemble du club.»

100’000 francs à trouver

Très concrètement, il manque à ce jour 80’000 à 100’000 francs pour assurer le fonctionnement de la première équipe. L’heure est donc à la recherche de fonds. «Nous voulons construire un autre modèle, et non pas un schéma où des gens injectent de l’argent à perte», explique le nouveau dirigeant, qui place la formation des jeunes au cœur de ses priorités. «Nous souhaitons œuvrer avec des investisseurs qui certes sont capables de mettre des liquidités dans le club. Mais qui, en plus, ont à cœur de se mettre autour de la table pour construire un projet depuis le bas. Ce qui n’a pas été forcément le cas jusqu’à présent.»

Cyril Cornu ne le cache pas, les risques de faillite pour le Vevey-Sports sont «concrets». «Chaque semaine, un fournisseur prend contact pour un impayé de 2024, qui n’est pas en lien avec l’association, précise-t-il. Mais tout le monde se démène pour trouver des solutions. Nous avons déjà des contacts d’investisseurs potentiellement intéressés. Notre objectif est qu’en juin nous soyons parvenus à rester en Promotion League sans mettre le club en danger.»

400’000 francs injectés par un mystérieux investisseur

Depuis quelque temps, une rumeur fait état d’un mystérieux investisseur étranger qui aurait largement soutenu le Vevey-Sports au cours des derniers mois. «Un mécène a effectivement accompagné le club depuis février 2024», confirme Cyril Cornu, qui dit ne jamais avoir rencontré cet investisseur. Selon lui, ce dernier aurait versé un peu plus de 400’000 francs en six mois, avant d’interrompre sa participation il y a peu. «Il soutenait le club, surtout l’équipe première à travers la SA de William von Stockalper», ajoute-t-il, allant jusqu’à évoquer une «mise sous perfusion».

De son côté, l’ancien président confirme la participation de ce mécène, «ainsi que d’autres» au sein de la SA. S’agit-il d’un Saoudien comme on a pu l’entendre? «Non. Et quelle importance a leur nationalité? J’étais le premier et seul mécène de la SA durant plus d’une décennie. C’est une chance d’avoir pu compter sur ces divers soutiens», conclut l’ancien président.