La voiture de demain avec Tesla, l’espace avec SpaceX, l’information avec X (Twitter), et désormais ministre trumpiste: Elon Musk ou la fusion des pouvoirs. © Jonathan Newton / The Washington Post / Getty
Zone industrielle de 200 km2, localisée dans le Nord de la Californie, la Silicon Valley compte en 2024 2,7 millions d’habitants, 1,6 million de travailleurs, 300 000 emplois directs dans le secteur des nouvelles technologies. Y résident près de 285 000 millionnaires, 630 multimillionnaires et 65 milliardaires, soit la plus grande concentration de richesse au monde. La vie sociale y est marquée par une forte concurrence, s’exprimant par une course aux meilleurs « deals », des joutes sur les réseaux, des procès, et même un combat à mains nues qui promettait d’opposer Mark Zuckerberg à Elon Musk. Cette compétition se retrouve dans le domaine des idées sans pour autant que la Silicon Valley forme un tout cohérent sur le plan idéologique.
Un réseau de courants idéologiques
Les entrepreneurs, ingénieurs et scientifiques de la Silicon Valley ambitionnent un « impact ». Derrière le catalogue Amazon, l’indexation des pages Web par PageRank, le graphe de Facebook, l’encyclopédie Wikipedia ou les prompts de ChatGPT se trouvent des visions très variées, parfois mêmes antagonistes. Sur le plan politique, cohabitent les courants les plus divers, allant de l’anarchisme à l’ultradroite.
Toutefois, différents courants de pensées cohabitent dans la Silicon Valley, allant de l’anarchisme à l’ultradroite. Chez les anciens de PayPal, on trouve ainsi Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, fidèle soutien du Parti démocrate, tandis que Peter Thiel conseilla Donald Trump en 2016 et 2024. Qui plus est, ces mêmes technologues peuvent faire preuve d’une relative inconstance, à la manière d’Elon Musk qui put soutenir le candidat Obama aussi bien que le président Trump, dont il sera même ministre. Les technologues naviguent au fil de leurs lectures, échanges sur X (ex-Twitter), opportunités d’investissement, rencontres dans des conférences TED, barbecues et dîners en petits comités pour laquelle la vallée est renommée. Si bien que le Nord de la Californie a pu être associé avec nombre de courants : technolibertarianisme, technolibéralisme, objectivisme, rationalisme, cosmisme, cyberlibertarianisme, technocapitalisme, dark enlightenment , design thinking , cryptoanarchisme, anarchocapitalisme, extropianisme, transhumanisme, singularisme, accélerationisme, accélérationnisme efficace, altruisme efficace, long-termisme, techno-optimisme, etc.