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Face à la désertification médicale, Prunelli-di-Fium'Orbu résiste

Si Prunelli-di-Fium'Orbu s'érige en "pilier médical" de la région, c'est grâce à "une volonté datant de plusieurs décennies".

Si Prunelli-di-Fium'Orbu s'érige en "pilier médical" de la région, c'est grâce à "une volonté datant de plusieurs décennies".

CHRISTIAN BUFFA

Au cœur de la Plaine orientale, alors que la Corse lutte contre le désert médical, Prunelli-di-Fium'Orbu se distingue par un modèle de santé de territoire. Un système coordonné répondant aux besoins de la population.

Au 1er janvier 2023, avec une moyenne de 323 médecins pour 100 000 habitants soit 20 points de moins que la moyenne métropolitaine, la Corse est, d'après l'INSEE, une région de bas de tableau en termes de densité médicale.

Néanmoins, une commune s'impose comme un exemple de résistance : Prunelli-di-Fium’Orbu. Avec une population d'environ 3 600 à 4 000 habitants, la commune bénéficie "d'une forte couverture médicale", se réjouit l'édile, André Rocchi. 

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Une volonté collective depuis des décennies

Lui-même médecin généraliste, le maire de Prunelli-di-Fium'Orbu souligne la présence de sept médecins, dont six généralistes et un pédiatre, mais également d'un plateau technique de radiologie complet, comprenant un scanner, une IRM, des écho-Doppler, des mammographies et une ostéodensitométrie.

"Cette offre médicale ne s'est pas construite par hasard. Elle repose sur des générations de médecins, y compris ceux qui sont à la retraite, mais qui continuent à œuvrer pour la couverture médicale de notre territoire, explique-t-il, avant d'appuyer que l'origine de cette implantation médicale importante est "le fruit d'une volonté collective amorcée il y a plus de soixante ans par des médecins ayant un attachement identitaire au territoire".

Au-delà, Prunelli-di-Fium’Orbu dispose d'infrastructures pour accompagner les populations vulnérables, comme un Ehpad de 72 places, un Esat (établissement et service d'accompagnement par le travail) et un Sessad (service d'éducation spéciale et de soins à domicile).

La réalité d'un territoire 

Mais comment le médecin à l'écharpe tricolore concilie ces deux fonctions ? "Cela se rejoint. Le médecin est en première ligne pour la prévention et les soins auprès de la population, tandis que le maire travaille à structurer la société pour réduire au maximum le besoin de recours aux soins, considère celui qui a brigué la mairie en 2019. Les deux rôles s'entrelacent. Sur notre territoire, nous sommes trois médecins à exercer également en tant que maires."

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Entre ses consultations médicales et ses responsabilités de maire, André Rocchi dresse un constat préoccupant. "Le système de santé corse se détériore. Même une commune comme la nôtre risque, dans les années à venir, d'avoir quelques faiblesses. Il y a autant de territoires que de spécificités médicales."

Un autre défi reste de taille : attirer des jeunes professionnels de santé. "À Prunelli, on ne fait pas que soigner, on veille sur la communauté. C'est cette solidarité entre professionnels de santé et cette organisation rigoureuse qui nous permettent de maintenir un bon niveau de soins. Mais pour garantir l'avenir, confie une infirmière préférant garder l'anonymat, il est crucial d'attirer de jeunes professionnels, en leur offrant des conditions de travail qui leur donnent envie de s'investir ici."

Et André Rocchi d'emboîter le pas. "Il est essentiel de permettre aux jeunes médecins de concilier les rôles d'urgentiste et de généraliste, car la santé d'un territoire dépend de celle de ses généralistes."

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