Air France toujours à la recherche de capitaux frais
La compagnie nationale, qui a besoin de 1,7 milliard environ, devrait avoir recours à des TSDI au cours des prochains mois, si le ministère des Finances lui en laisse la possibilité.
Par Denis Fainsilber
Comme elle le souhaitait , Air France a pu boucler son exercice 1991 en incorporant la dotation en capital de 2 milliards de francs consentie par l'Etat-actionnaire, 1,25 milliard apportés par la BNP contre des obligations remboursables en actions (ORA), ainsi que le produit de la vente de son siège à la MGEN (1,6 milliard). Les deux premières sommes ont permis, selon le président du groupe Air France, Bernard Attali, de regonfler les fonds propres de 40%.
Cependant, ces éléments exceptionnels ne suffisent pas à restaurer les comptes, malmenés par une brutale baisse de trafic de 8,1% l'an dernier. Les prévisions en matière de trafic pour l'année en cours sont encore incertaines. Les dirigeants d'Air France, qui attendent 17 avions nouveaux en 1992, ont l'intention de trouver environ 1,7 milliard de francs supplémentaires. Les titres subordonnés à durée indéterminée semblent la solution appropriée, à condition d'agir vite. « Les TSDI paraissent de moins en moins bien vus par Bercy, qui veut apparemment en réduire les avantages. Il faudra donc probablement effectuer l'opération avant l'été », indique un proche du dossier.
Nouveaux Airbus
à céder
Une autre source de cash peut provenir de la vente d'appareils. Les Boeing 727 n'ayant qu'une faible valeur, le groupe cherche plutôt à céder des Airbus A-300 supplémentaires. Cinq appareils d'Air France cherchent ainsi preneurs, après que trois exemplaires aient été vendus récemment par le groupe, dont deux chez Air Inter.
Au plan des dépenses, le transporteur national devra déposer un chèque sur la table si le dossier de reprise de Sabena reçoit le feu vert des autorités belges. Air France a prévu de débourser 700 millions de francs et son allié Bruxelles-Lambert, avec qui sera signé un pacte d'actionnaires, 300 millions. La compagnie française étalera ses paiements sur trois ans environ.
L'entrée dans le tour de table du tchèque CSA annoncée récemment ne coûtera que peu d'argent à Air France (de l'ordre de 30 millions de francs). Un accord de principe a bien été signé avec CSA, mais les modalités financières restent à régler. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pourait aller au-delà de sa part (20 millions de dollars), tandis que la Caisse des dépôts resterait à l'écart de l'opération.
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