Ils se disaient issus des quartiers populaires niçois, indique Mediapart. Sur leur chaîne "Jeanpormanove", diffusée sur la plateforme méconnue du grand public "Kick", deux "influenceurs" niçois, Naruto et Safine, se sont filmés pendant plusieurs mois en train de violenter quotidiennement deux autres personnes. Mediapart avait révélé l’information.
Ce mercredi soir le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, annonce qu’ils ont été placés en garde à vue. "Des personnes susceptibles d’être vulnérables faisaient l’objet de violences et d’humiliations, parfois encouragées par des versements d’argent des spectateurs", rappelle le procureur. Leurs souffre-douleurs s’appellent "JP" pour Jean Pormanove, un ancien militaire et "Coudoux", un homme handicapé. Coups, décharges électriques, les maltraitances semblaient sans limites. Selon Mediapart, Naruto et Safine auraient engendré des dons à hauteur de 13.000€ pour le mois de novembre.
Après examen des éléments, le parquet de Nice a diligenté le 16 décembre une enquête préliminaire, confiée au service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice. Et ce, des chefs de- "Provocation publique par un moyen de communication au public par voie électronique à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur handicap", mais aussi "Violences volontaires en réunion sur personnes vulnérables ayant entraîné une ITT inférieure à 8 jours", "Diffusion d’enregistrement d’images relatives à la commission d’infractions d’atteintes volontaires à l’intégrité de la personne".
Selon le procureur de la République, les premières investigations ont confirmé des éléments présentés dans l’article de Mediapart, "notamment quant à la localisation des personnes réalisant et diffusant ces vidéos, identifiées comme étant nées en 2002 et 1998 à Nice et domiciliées à Nice et dans ses environs."
Le SLPJ de Nice les a interpellés et placé en garde à vue. Un local de tournage situé à Contes a été perquisitionné et du matériel informatique et audiovisuel saisi.
Selon le procureur, des personnes apparaissant comme victimes des violences et humiliations ont été entendues. Fait surprenant, les victimes ont contesté la commission d’infraction. Les auteurs présumés ont également nié les faits. "Les mesures de garde à vue ont été levées et l’enquête se poursuit notamment pour procéder à l’exploitation du matériel et des vidéos saisis", indique le procureur.
La plateforme Kick a été lancée il y a deux ans. Comme l’explique Mediapart, cet espace a séduit des créateurs et créatrices de contenus car elle propose une rémunération "plus avantageuse que chez Twitch", les revenus étant rebasculés à 95% aux streamers.
Elle avance également une modération beaucoup moins stricte que sur les autres plateformes.

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