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"Je veux juste que les gens qui m'ont fait ça payent": le père de famille amputé après un accident de chasse alors qu'il cueillait des champignons dans le Var témoigne
Touché par un tir de chasseur alors qu’il cueillait des champignons à Bormes, et amputé d’une partie de la jambe, le Hyérois Donovan apporte son témoignage sur ce drame.
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C. L.Publié le 05/11/2024 à 18:10, mis à jour le 05/11/2024 à 18:44
interview
Donovan tout juste sorti des soins intensifs est toujours à la Timone en service orthopédie.(Photo DR)
Une sortie aux champignons qui tourne au drame… C’est la terrible tragédie qu’a vécue mercredi dernier, à Cabasson à Bormes, Donovan touché par un tir de chasseur alors qu’il terminait sa cueillette accompagné de deux amis. Touché au niveau du tibia et transporté à l’hôpital de la Timone à Marseille avec un pronostic vital engagé, le Hyérois a dû subir une amputation d’une partie de sa jambe. Tout juste sorti du service de soins intensifs, l’Arbanais (habitant de la presqu’île de Giens) de 38 ans, papa d’un enfant de 8 ans et dont la femme est enceinte, doit désormais se reconstruire. Il a accepté de revenir sur cet événement tragique.
Pouvez-vous nous expliquer les circonstances de ce drame?
Comme la veille, je suis allé cueillir des champignons à Cabasson avec deux collègues. J’ai garé la voiture en bas, à côté de la barrière vers 7h30. On est monté tout en haut du vallon et on s’est dit: "On redescend direction la voiture"… Les chasseurs ont dû arriver un peu après, mettre les panneaux, se poster. Ils auraient pu se dire qu’il y avait des gens, c’est la saison des champignons, les vacances... Ils sont passés à côté de ma voiture, ils l’ont forcément vue.
Il n’y avait pas de panneaux quand vous êtes arrivés? Vous n’avez pas entendu de tir avant l’accident ou des chiens?
Non. En descendant je ne les vois pas arriver, j’entends ni les chiens, ni les voitures, ni les mecs postés. J’étais à une centaine de mètres de la voiture, c’était clair, la zone était très peu boisée, je remontais sur le chemin où était le chasseur. Je ne l’avais même pas vu et tout d’un coup j’entends une explosion, je pensais avoir marché sur une mine…
Quand avez-vous compris qu’il s’agissait d’un coup de fusil?
Au début je ne cherchais pas les chasseurs, je pensais à une mine. Je me suis mis à hurler "Baptiste, Baptiste, aide-moi je vais mourir". Ma jambe avait explosé, il n’y avait plus rien. Il m’a tiré avec un truc d’éléphant à 20m… Je ne sais pas exactement où il était, je ne l’ai pas vu tirer. Mais quand on ne voit pas, dans tous les cas il faut pas tirer dans les broussailles. Où j’étais, il n’y a pas d’arbre pas de champignons. Ils disent que j’étais à quatre pattes mais j’étais debout avec le panier à champignons dans la main. S’il m’a tiré dans le tibia, c’est qu’il voyait tout mon corps.
Que s’est-il passé ensuite?
Mes collègues étaient loin, il s'est passé du temps. J'avais la tête en bas et je vois un chasseur en haut qui me dit "t'as pas le gilet". Je lui demande de descendre pour me mettre le pull (en garrot). Un des deux chasseurs présents vient, me met le pull autour de la jambe et ils s'éloignent et me laissent hurler et me tenir mon garrot. Je leur demandais de venir m’aider et le jeune qui appelait les secours me disait qu'il était au téléphone. Le tireur, je pense qu'il était choqué, qu'il avait peur du sang, mais j'étais en train de me vider. A ce moment-là Baptiste (son copain, Ndlr) est arrivé comme un fou et il m'a aidé a refaire le garrot, a demandé aux chasseurs d'aller chercher une corde pour en faire un meilleur. Puis on a attendu les pompiers. Ils ne m'ont pas porté assistance, ils m'ont mis le pull, ils ont serré et ils sont partis. Le jeune a dit (au tireur): "Oh... qu’est-ce que tu as foutu" mais ils ne m’ont pas aidé. C'est un truc de fou…
Vous en voulez aux chasseurs?
Je chasse aussi, j'ai le permis. Des battues j'en fais, en Corse, ici… Je chasse mais je ne tire pas sur les gens. Je respecte les règles de sécurité. La battue n’a rien à voir, s’ils ont bien mis les panneaux, que les postes sont en place… La faute vient de celui qui a tiré sans avoir bien analysé que c’était pas un gibier, que je fais 1m80 et que je ne suis pas un sanglier… Et des deux qui ne m'ont pas vraiment aidé.
Je n’en veux pas aux chasseurs, à la battue, à la fédération. J'en veux à la personne qui a tiré. Qu'il arrête de dire que j'étais accroupi et qu'il a cru à un sanglier… J'ai envie de punir personne mais les fautifs il va falloir qu'ils payent pour non-assistance à personne en danger et tir alors que tu ne vois pas l'animal…
Ils disent que vous ne portiez pas de gilet…
Le gilet c'est pas obligatoire pour aller aux champignons. Il faut que le chasseur regarde ce qu'il tire, sinon tous les marcheurs en France doivent avoir un gilet. Mais pourquoi ils font une battue là, en pleines vacances, pendant les champignons à un endroit où il y a des centaines de promeneurs? Sur les réseaux sociaux ils disent que les balles perdues ça arrivera toujours, mais là c'est pas une balle perdue. Il m'a visé.
Dans quel état d’esprit êtes-vous désormais?
J’ai une fille, ma femme est enceinte, j'ai failli mourir, je travaille dans un bar, j'ai un boulot debout, le gars il m'a flingué… Mais ça va. Je suis deg, là j'ai les douleurs mais j'ai le haut de ma jambe, je suis en vie, je vais m'en sortir c'est le plus important. Je veux juste que les gens qui m'ont fait ça payent et que la personne qui a tiré arrête de dire que j'étais accroupi et qu'il a cru à un sanglier.
Donovan tout juste sorti des soins intensifs est toujours à la Timone en service orthopédie.(Photo DR).
Le point sur l’enquête
L’auteur du coup de feu, âgé de 82 ans, a été placé en garde à vue et entendu par les gendarmes. Il a depuis été relâché dans l’attente de la poursuite de l’enquête. L’audition de Donovan est quant à elle programmée ce mercredi 6 novembre.
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