CARNET. Témoin de la rafle de Lacapelle-Biron en 1944, Denise Bugier est décédée
Denise Bugier, figure de Lacapelle-Biron, est décédée. Née au village en 1923, elle ne l’a jamais quitté, assistant aux heures sombres de son histoire.
Denise. Inutile d’ajouter un nom de famille. Tout le monde connaît Denise Bugier. Il y a un peu plus d’un an, la foule s’était massée devant chez elle à l’occasion de ses cent ans pour lui manifester son amical attachement. Elle vient de nous quitter. Avec la disparition de cette femme spirituelle, libre, ajoutant au sens de la répartie un humour parfois corrosif mais toujours empreint d’empathie, féministe avant les autres, se ferme une page du Grand Livre de l’Histoire de Lacapelle. Heureusement, elle nous a laissé des témoignages d’une remarquable précision.
Un témoin exceptionnel
Denise allait avoir 21 ans. Elle venait d’épouser le boucher du village. Elle a vécu le dimanche 21 mai 1944 intensément, de bout en bout. Son mari et son jeune beau-frère seront déportés. Son père, résistant et membre d’un maquis, profitera d’un concours de circonstances pour s’échapper. Avec deux amies aussi courageuses qu’elle, elle ira à Agen demander des explications sur l’emprisonnement des hommes du village dans les bureaux de la redoutée Gestapo. Durant plus d’un an, elle dirigera la boucherie – charcuterie comme une professionnelle, se procurant la viande nécessaire, n’hésitant pas tuer des veaux pour alimenter la boutique. Il n’y avait plus d’hommes, mais restaient les femmes et les enfants. Et il fallait bien nourrir ces bouches affamées… Gilbert son époux reviendra, mais pas son beau-frère.
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