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Il y a cinquante ansL'exclusion des communistes de la Chambre des députés

Le Monde

Publié le 21 janvier 1990 à 00h00, modifié le 21 janvier 1990 à 00h00

Temps de Lecture 8 min.

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IL y a cinquante ans, le 16 janvier 1940, la France est en guerre contre l'Allemagne. Les députés communistes, qui ont refusé de dénoncer le pacte Hitler-Staline de 1939, sont expulsés de la Chambre des députés. M. Pierre Bloch, ancien député, raconte.

La session ordinaire de la Chambre des députés s'est ouverte le 9 janvier 1940. J'ai obtenu une permission régulière pour remplir mon mandat de député. Arrivé à la Chambre en tenue, je troque ma vareuse de lieutenant contre la veste d'un huissier. Depuis le 18 brumaire, aucun uniforme n'est admis dans la salle des séances. Plusieurs de mes collègues sont dans le même cas que moi : culotte de cheval, bottes et veste civile. Nous sommes un peu ridicules. Un certain nombre de députés communistes ont eu, comme moi, leur " perm " : Raymond Guyot, André Mercier, Sulpice Devez, Charles Michels, Fernand Grenier, Roger Bensom. La séance est fixée à 15 h 30. On affirme dans les couloirs que la réunion du petit groupe de députés communistes a été particulièrement orageuse. Trois députés ont refusé de suivre les instructions du parti apportées par Raymond Guyot. Les sept députés communistes entrent en séance, les uns aux ordres du parti, les autres en révolte ouverte.

Dès le début de la séance, Jean-Louis Tixier-Vignancour provoque un violent incident en protestant contre la présence des députés communistes en séance. Celle-ci est suspendue dans un tumulte violent pour une heure. Devez et Bensom discutent ardemment dans les couloirs avec Raymond Guyot et insistent auprès de lui pour qu'il se modère et ne réponde pas aux provocations de la droite. La séance est reprise à 17 heures. Le doyen d'âge, M. Levy-Alphandery, radical socialiste, respecté de tous, prononce dans un silence complet l'allocution rituelle.

La voix émue et un peu tremblante, il déclare : " Je suis certain de remplir le premier devoir de ma charge en envoyant aux armées de la République _ qui avec tant de calme et de fière résolution se sont levées en masse à l'appel de la patrie en danger _ le salut plein d'émotion et d'affection de cette Assemblée. "

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