Les confins de la conscience explorés grâce aux expériences de mort imminente
Ces dernières années, une poignée d’équipes de recherche ont patiemment observé et documenté des centaines de cas d’expériences de mort imminente. Ces études, en se rapprochant de ce qui sépare la vie et la mort, ouvrent de nouvelles pistes pour saisir la nature de la conscience
Pendant des décennies, François d’Adesky, un diplomate et fonctionnaire à la retraite qui vit aujourd’hui à Bruxelles, n’a parlé à personne de son expérience de mort imminente (EMI). Celle-ci s’est produite à l’âge de 13 ans, alors qu’il était hospitalisé pour une appendicite aiguë. François d’Adesky se souvient très bien d’avoir vu son corps sur la table d’opération, puis d’avoir traversé un tunnel dans lequel il a rencontré des êtres étranges qui rayonnaient de lumière et de bonté. « Ton heure n’est pas venue, tu n’as pas entrepris ta mission sur Terre », lui a dit un être plus âgé, que l’ancien diplomate pressent aujourd’hui comme étant Dieu. L’expérience s’est poursuivie par une impression de voyage « à une vitesse vertigineuse à travers le temps et l’espace, jusqu’au début de la création du monde ». À l’arrivée, un jardin paradisiaque où des êtres spirituels – dont l’un était une grand-mère décédée, l’autre un ami d’enfance mort à l’âge de 5 ans – communiquaient par télépathie avec lui. La grand-mère du jeune d’Adesky l’a alors pris par la main et l’a ramené à la clinique, où il s’est réveillé dans son corps en proie à d’atroces douleurs, raconte le retraité.
François d’Adesky a passé sa vie d’adulte à s’efforcer de découvrir quelle pouvait être sa mission spéciale. Il a fini par la considérer comme le rôle qu’il jouait pour « rendre le monde meilleur », dit-il. Il a en effet contribué, en tant que fonctionnaire des Nations unies, à l’adoption d’une résolution clé lors de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique de 2011. Ce n’est que quelques années plus tard, lorsque les EMI sont devenues plus fréquentes dans le discours public, qu’il a commencé à partager l’histoire de son expérience charnière au-delà de sa famille proche. « J’avais peur pour ma réputation », explique-t-il.
Les expériences de mort imminente sont relatées à travers les âges et les cultures. On estime que 5 à 10 % de la population générale se souvient d’une expérience de mort imminente, dont 10 à 23 % des personnes ayant survécu à un arrêt cardiaque. Un nombre croissant d’universitaires considèrent aujourd’hui les EMI comme un état mental singulier, à même d’offrir de nouvelles perspectives sur la nature de la conscience. « Aujourd’hui, il est clair
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